dimanche 22 avril 2018

Quelques romans de la rentée littéraire 2017 pour une sélection

Ce mois-ci je lis énormément, et des livres très variés. C'est avec plaisir que je vais partager cela avec vous ! Aujourd'hui ce seront...

Les romans de la sélection "Au coin du Livre" de la bibliothèque






La fonte des glaces, Joël Baqué, 2017 

Louis, charcutier de son état, veuf à la retraite, anti-héros par essence, mène une vie froide et sans relief à Toulon. Tout change pour lui lorsque, par hasard, il déniche dans une brocante un manchot Empereur empaillé, au fond d'une armoire. Cet ami inattendu va bouleverser et illuminer son quotidien. Il reprend petit à petit goût à la vie et s'intéresse de plus en plus à la vie de ces animaux du froid. Au point qu'il va décider d'entamer une expédition au pôle... et devenir célèbre ! 
Un roman touchant, complètement décalé, d'une imagination joliment délirante et pleine  d'humour, qui interroge notre rapport à l'existence et à l'écologie. 

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce roman, et finalement ça a été une plutôt bonne surprise. J'ai bien aimé l'humour et la dérision, très présents. Louis est un personnage attachant et original, avec son amour pour les manchots. On en apprend aussi un peu sur le réchauffement planétaire. En résumé c'est un roman original, qui nous sort totalement de nos zones de confort. Il vaut le détour pour passer un moment sans prise de tête. 
Dans mon classement, sur les 5 romans, je pense le mettre en 3ème position. 

Les fils conducteurs, Guillaume Poix, 2017 

A Accra, au Ghana, les déchets électroniques high-tech, atteints d'obsolescence programmée, venus par cargot depuis l'Europe, pourrissent dans une énorme décharge à ciel ouvert, appelée "la bosse". Là, Isaac et Moïs, garçons des rues, vont initier le jeune Jacob à la fouille. A mains nues ils plongent dans cette montagne de débris, pour les désosser et les revendre. Un jeune photographe helvétique se rend sur place pour dénoncer cette catastrophe écologique et humaine. Au milieu de ce cimetière de téléviseurs, ordinateurs et smartphones, il croise la route de Jacob, qui lui fait découvrir cette bosse de tous les trafics...

Encore un roman que je n'aurais vraiment JAMAIS ouvert si il n'avait été dans la sélection. En effet,  rien ne m'emballait : ni la couverture, ni le contexte, ni le peu d'intrigue que j'avais compris en survolant la quatrième de couverture (je ferai peut-être une petite parenthèse sur ce sujet car on a en parlé récemment avec Margaud Liseuse, et il s'avère que comme elle, j'aime bien ne pas trop lire la quatrième de couverture afin d'être surprise dès le début par le roman. Bref, peut-être un sondage sur Insta puis un article ?). Je n'étais donc pas du tout motivée pour le lire. Mais finalement, j'ai beaucoup aimé la lecture. Je me suis laissée embarquer dès les premières pages par l'univers mais également le langage très particulier de ce roman. J'ai adoré cette immersion dans la vie africaine des chiffonniers de l'acier, ainsi que dans celle de Thomas, photographe avide de découvrir cette montagne de déchets. En plus de cela l'écriture de l'auteur m'a plu, et surtout le langage qu'il a inventé. 

- Bon, on do what ? demande Justice.
- Le volume, je dis. 
- On sursoit qu'il nous pullule dans le fion ? 
- Il pullulera rien, c'est du langage du bluff. 

Comme vous le constatez, ce langage est un mélange de français, d'anglais, et de langage soutenu. Pas facile à décoder; il faudrait presque relire certains dialogues pour bien tout comprendre. Mais bravo à l'auteur ! En effet il est avant tout dramaturge et metteur en scène, et pour ce premier roman il a joué avec les mots comme au théâtre. C'est un aspect qui m'a énormément charmée, et pour cela je lui tire mon chapeau.
Je pensais continuer sur cette lancée tout au long de ma lecture, m'amuser à déchiffrer la signification des échanges étranges entre les kiddies comme on dit (les enfants qui travaillent dans la décharge), mais le dernier quart du roman m'a carrément refroidie... J'ai vraiment été écœurée quand j'ai compris ce qui arrivait aux enfants, en plus des souffrances qui adviennent à force de respirer la chimie des fils conducteurs et autres plastiques. Je ne vous en dirai pas plus; mais ce dernier quart auraient pu faire basculer mon avis... 
Je vais tout de même placer ce roman en 2ème position sur les 5 de la sélection. Mais en aucun cas il ne pourrait être gagnant...

Ma Reine, Jean-Baptiste Andréa, 2017

Eté 1965, en Provence. Shell n'est pas un enfant comme les autres. Il ne va plus à l'école et vit seul avec ses parents dans leur station service. Ses parents envisagent de le placer dans une institution spécialisée. A douze ans il fugue, avec l'idée de devenir véritablement un homme. Mais lorsqu'il arrive sur le maquis, seul se déploie un profond silence; jusqu'à l'arrivée d'une silhouette, de cette fille du vent, cette "reine" qu'est Viviane. Le plateau devient alors leur terrain de jeux. 

Dernier roman de la sélection qu'il me restait à lire, et celui que je craignais le plus. J'avais lu des avis mitigés sur ce roman, et malheureusement ils se sont confirmés. Au début de ma lecture, j'ai adoré le point de vue interne, la parole laissée à l'enfant différent. Mais dès qu'il a fugué et rencontré Viviane, alors qu'il a pénétré dans cet espace presque magique, à l'orée du conte et de l'onirisme, je n'ai plus du tout accroché... J'ai trouvé l'ensemble artificiel, gnangnan, alors qu'il y avait un bon thème à exploiter, à être ainsi dans la tête d'un jeune garçon simple mais attendrissant comme Shell. Bref, déception, je comprends les avis que j'ai pu lire, comme quoi les lecteurs n'avaient pas tout compris... Notons tout de même la beauté de la couverture ! 
Sans surprise, je classerai ce roman dernier de ma sélection...même s'il a gagné le Prix Femina des Lycéens (??) et le prix du premier roman 2017.




jeudi 12 avril 2018

Mes dernières lectures, par thèmes

Attention, innovation ! Je vais vous parler de mes dernières lectures en les classant par thèmes, et non plus en catégories "j'ai aimé / coups de coeur / j'ai pas aimé" (en gros). ça va changer. C'est parti !

Un roman coup de poing
(ok on dirait coup de coeur, mais je me chauffe ^^)


Dans la forêt, Jean Hegland

Ce roman, paru en 1996 aux Etats-Unis, a enfin été traduit l'an dernier en Français. J'en ai beaucoup entendu parler à la librairie, j'ai renoncé plus d'une fois à l'acheter vu son prix (23 euros quand même...), je l'avais toujours en tête, attendant une sortie en Poche... et puis j'ai découvert la bibliothèque de mon quartier ! Je l'ai rencontrée il y a seulement deux semaines, mais elle a déjà pris une place énorme dans ma vie (j'en fais à peine trop promis !). J'y suis encore allée ce matin d'ailleurs. Bref, là-bas j'ai trouvé cette pépite.

Nell et Eva, 17 et 18 ans, vivent seules dans la forêt depuis deux ans. Suite à une baisse progressive des ressources en énergie, à des conflits commerciaux et autres (qu'on ne nous détaille pas), l'électricité a fini par disparaître. Elles se retrouvent isolée dans leur maisons au fond des bois, avec leur père, puis seules. Dans un cahier retrouvé par miracle dans leurs anciennes affaires, Nell raconte leur quotidien, mais également leur passé, leurs parents, leur vie d'avant, pendant et après cet apocalypse progressif, sans tambours ni trompettes. 

On pourrait en effet s'attendre à un succession d’événements terribles, à une lutte sans pitié pour la survie. Mais les choses se font et surtout se défont progressivement : d'abord l'électricité n'a fonctionné que quelques heures par jour; ensuite, l'essence a manqué et les denrées comestibles avec. Enfin les filles et leur père ont été contraints de rester chez eux. Il n'y avait de toute façon plus personne et plus rien en ville. Et puis leur père est mort, et les filles se sont retrouvées livrées à elles-même, avec un garde-manger bien rempli mais tout de même pas infini. Ce livre c'est tout ça, comment elles ont trouvé des moyens de vivre décemment sans le confort moderne, tout simplement. Mais c'est plus encore : c'est poétique aussi. Nell passe ses soirées, à la bougie, à lire un des seuls livres qui restent dans sa bibliothèque : une encyclopédie. Dedans elle glane des idées sur la vie, les plantes, la nature. Cela confère au roman une dimension qui lui fait complètement dépasser le roman sur la survie. D'ailleurs, le style lui-même est très travaillé, doux, poétique. Eva, la soeur de Nell, est une danseuse classique; cela ajoute un charme à leur vie de recluses. Et puis le dernier tiers du livre... qu'en dire... J'ai été bouleversée. Mais je nous en dirai pas plus.
Une chose est sure : j'ai beaucoup de mal à vous parler de ce roman tellement il est fin, profond, complexe et si simple pourtant. Le style accroche, bouleverse, et le thème fait réfléchir. Un retour à la nature féminin, tout en douceur, en langueur, loin des attaques bactériologiques et autres catastrophes naturelles qui sont souvent à l'origine de l'apocalypse. 


Deux romans originaux sur la condition féminine


La nuit de Béguines, Aline Kiner, 2017

Paris, 1310, quartier du Marais. Au grand béguinage royal, elles sont des centaines de femmes à vivre, étudier ou travailler comme bon leur semble. Refusant le mariage comme le cloître, libérées de l'autorité des hommes, les béguines forment une communauté inclassable, mi-religieuse, mi-laïque. La vieille Ysabel, qui connaît tous les secrets des plantes et des âmes, veille sur les lieux. Mais l'arrivée d'une jeune inconnue trouble leur quiétude. Mutique, rebelle, Maheut la Rousse fuit des noces imposées et la traque d'un inquiétant franciscain... Alors que le spectre de l'hérésie hante le royaume, qu'on s'acharne contre les Templiers et qu'en place de Grève on brûle l'une des leurs pour un manuscrit interdit, les béguines de Paris vont devoir se battre. Pour protéger Maheut, mais aussi leur indépendance et leur liberté. 

L'auteur nous entraîne dans un Moyen-Age méconnu, auprès de femmes dont le mode de vie est surprenant. Sous le règne de Philippe le Bel, ces femmes sont à la fois protégées et craintes. Elles ne sont pas religieuses, elles ne sont pas non plus mères, ni épouses. Ce statut ambigü entretient le mystère autour de cette communauté. J'ai beaucoup aimé découvrir ces femmes aux destins propres, libres et traquées pour cela. Le destin de Maheut la Rousse est passionnant à suivre, ainsi que la vie d'Ysabel. L'auteur alterne dans son roman les points de vue et avec beaucoup de retenue narre les atermoiements et le quotidien de ces femmes à part.
On ne s'ennuie pas dans ce roman, au style pourtant lent et assez épuré. J'ai un peu retrouvé l'ambiance du Domaine des Murmures et de La Terre qui penche de Carole Martinez. Ce n'est pas un coup de coeur, mais une fiction agréable, qui se passe pour une fois au Moyen-Age.


Le courage qu'il faut aux rivières, Emmanuelle Favier, 2017

Dans un village perdu des Balkans, les familles sont installées depuis des générations autour d'un chef de village. La communauté apporte pourtant une importance particulière à l'hospitalité. Manushe est une "vierge jurée" qui a refusé la demande en mariage du vieux Parush, signant ainsi la fin de sa vie de femme. Respectée, elle s'habille en homme, se bande les seins et se rase les cheveux. L'arrivée au village d'Adrian, mystérieux étranger, réveille sa féminité. Mais Adrian cache lui aussi un lourd secret... Contraint d'abandonner une part de lui-même, le jeune homme ne cesse d'être confronté à la violence du monde. Malgré les embûches, il poursuit sa route telle une rivière obstinée contrainte à s'adapter aux reliefs des paysages, se dirigeant courageusement vers son destin. 
Un premier roman ambitieux sur la construction de l'identité dans sa relation avec le genre et le contexte social qui la constitue. 

J'ai beaucoup aimé ce roman, qui brosse trois portraits de femmes. Manush la vierge jurée, Adrian et un autre personnage que je vous laisse découvrir. C'est très poétique, certains évènements sont inattendus et bouleversants. J'ai passé un bon moment de lecture, d'autant qu'il se lit plutôt vite. Et pour ne rien gâcher, la couverture est tout simplement magnifique !

Ces deux romans font partie d'une sélection de 5 livres pour la bibliothèque (je vous les présenterai d'ici peu). Le courage qu'il faut aux rivières, avec son beau titre, sa belle couverture et ses thèmes originaux est mon préféré pour le moment ! 


Un roman pour ado très psycho, qui sort des sentiers battus



mercredi 11 avril 2018

Un petit troisième chez Syros : Mock Boys de Marie Leymarie

Mock Boys, Marie Leymarie
Editions Syros jeunesse
Paru le 5 avril 2018
432 pages
17.95 euros

Raoul et Baptiste sont les garçons cool du lycée, beaux, drôles, à l'aise et bons danseurs. Raoul a en plus un incroyable sens de la répartie, nargue les profs et n'a peur de rien, surtout avec les filles. Leur cursus en danse contemporaine leur permet en plus d'accrocher tous les regards lors des soirées. Raoul et Baptiste ont fait très naturellement le pari de sortir avec le plus de filles possible, sans se laisser prendre par l'émotion, sans tomber amoureux. Mais quel est l'enjeu exact de ce pari ? Que devient Baptiste si Raoul n'est plus là pour lui ? Et à l'inverse, que reste-il de Raoul sans Baptiste ? 

C'est une bromance comme on en voit peu, cette histoire d'amitié très forte entre les deux garçons. Cette amitié qui les pousse à renoncer à ce qu'ils sont vraiment, à devenir des "mock boys", c'est à dire des garçons "factices". 
To mock, déf : (verbe) se moquer, tourner en dérision; (adj) faux, factice. 
La polysémie de ce terme anglais est exploitée à fond avec nos deux loustics. Raoul est l'incarnation même du mocking boy, et Baptiste celui du mock boy. Depuis toujours, les rôles sont partagés : le premier tourne tout en dérision, le second cache sa véritable sensibilité. L'auteur a vraiment trouvé un titre et des thèmes intelligents, intéressants. Elle nous plonge en profondeur dans la psychologie des adolescents, et pour une fois on s'éloigne de la caricature. Ses personnages, même les personnages secondaires, sont plus complexes que les stéréotypes qu'on a souvent l'occasion de croiser dans la littérature de jeunesse : Raoul est plus qu'un dragueur relou; Baptiste est plus qu'un grand timide; Sandy, malgré son prénom, cache une complexité insoupçonnée. J'ai beaucoup aimé cela, cette manière que l'auteur a eu de faire vivre ses personnages comme de vraies personnes. Victimes des aléas de la vie, des sentiments, des faux-semblants. Son roman sonne vrai. Bien sûr il met en avant certains passages obligés de l'adolescence, mais sans en faire trop. J'ai eu parfois l'impression que les personnages avaient plus de 15 ans, en regard de leurs discours, de leurs atermoiements, de leurs interrogations. Plus qu'un roman ado, c'est selon moi un roman réussi sur LES ados. 

Bravo à Marie Leymarie pour ce roman qui se lit très bien, dont certains passages sont profonds et justes, où la psychologie a la part belle sans tomber dans les clichés. Malgré le cadre de la danse, qui finalement n'est qu'un décor pour ces personnages-marionnettes dont par moment les fils tombent, on est loin des idées que les séries télé offrent de ce genre de milieu. 

mercredi 4 avril 2018

Le nouveau roman de Camille Brissot est en librairie !

Ceux des Limbes, Camille Brissot
Editions Syros jeunesse
400 pages
17,95 euros
Parution le 5 avril 2018

Oto et Naha sont nés derrière les fortifications du Mont-Survie, une montagne devenue refuge depuis l'apparition d'une terrible épidémie. Autour, il ne reste rien d'autre qu'une forêt infinie, semée de ruines... et des hordes de limbes, ces humains infectés par un champignon, piégés entre la vie et la mort, qui détruisent tout sur leur passage. Naha quitte rarement les hauteurs du Mont-Survie, là où vivent les personnes les plus importantes de la communauté. Oto, lui, est un orphelin issu des cercles inférieurs. Pourtant, leur histoire d'amour est une évidence. Mais, l'année de ses 15 ans, Naha doit passer l'épreuve de la Sortie, un périple de dix jours dans la forêt, dont l'objectif est simple : survivre. Oto brave alors toutes les règles de la montagne pour la suivre à l'extérieur et la protéger, à son insu.


Ce dernier roman de Camille Brissot, le plus épais depuis ses débuts d'ailleurs, est une belle réussite. Ce qui peut apparaître comme une énième histoire de zombie et de survie en milieu hostile s'avère finalement mener à une réflexion bien plus profonde. Les Limbes, ces êtres contaminés et morts-vivants, peuvent être vus comme une métaphore de la différence et de la peur qu'elle engendre. Les Limbes ont en effet pour unique instinct celui de contaminer les vivants, et leurs cris provoquent chez ces derniers des vagues de désespoir et de découragement. Malgré cela, j'ai ressenti de la peine pour ces être dépossédés de toute humanité. C'est cette ambivalence qui fait la richesse de cette espèce de zombies. Par ailleurs j'ai beaucoup apprécié les descriptions du Mont-Survie, qui m'ont fait penser à certaines montagnes dans le Seigneur des Anneaux. La hiérarchie qui régit la vie à l'intérieur de cette arche protectrice est elle aussi intéressante : même face à l'adversité, tous ne sont pas égaux, et les prérogatives font des jaloux. 
Concernant la Sortie des adolescents, ce rite initiatique, il ne prend finalement pas toute la place dans le roman. Contrairement à ce à quoi je m'attendais, cela ne représente que le tiers environ. Et tant mieux. Camille Brissot a dépassé les clichés habituels type Hunger Games. Les ados ne sont pas là pour s'éliminer entre eux, mais pour comprendre des choses, apprivoiser cette nature qui les entoure, pas si hostile si on la connaît. Leur ennemi majeur est sans doute leur propre peur de l'autre, qu'il soit Limbe ou humain... De même, l'histoire d'amour entre Oto et Naha est présente en léger filigrane, et encore une fois c'est tant mieux. L'autrice dépasse les passages obligés et livre une réflexion sur la Nature, ses dangers, sa dégénérescence possible - une épidémie pourrait effectivement ravager la planète !- et ses attraits. 

Je viens de terminer la lecture de Dans la Forêt de Jean Hegland, qui m'a beaucoup marquée. On retrouve un peu, dans ce roman de Camille Brissot, cet idéal de retour à la Nature, effrayant au début, et pourtant prometteur d'une vie peut-être plus simple et essentielle. 

Ce roman n'est pas facile à analyser; je redoutais un peu d'en faire la chronique. Clairement, je n'ai sans doute pas tout saisi. Et c'est rare en littérature de jeunesse : de la subtilité, de la matière à réflexion. Bravo Camille ! 

Et merci aux Editions Syros pour leur confiance renouvelée.
Notez également la magnificience de cette couverture !!!

Encore un petit nouveau chez Syros : la condition de réfugiés vue sous l'oeil d'un ado

Une caravane en hiver, Benopit Séverac
Editions Syros Jeunesse
254 pages
16.95 euros
Actuellement en librairie

Arthur est en voiture lorsqu'il assiste à l'agression d'un garçon de son âge, à un feu rouge. Poussé par son instinct, il va à sa rencontre. Ce garçon c'est Adnan, un réfugié syrien. Il vit dans une caravane au milieu d'un terrain vague avec sa mère, qui lui a appris à garder la tête haute en toute situation. 
Entre Arthur et Adnan va naître une amitié qui résistera à l’incompréhension des adultes. Une amitié qui poussera les parents d'Arthur à aider, eux aussi, Adnan et sa mère. Une amitié qui va tous les faire basculer dans une aventure digne d'un roman d'espionnage...

J'ai beaucoup apprécié ce roman, en particulier sa première moitié. En effet, Arthur et sa famille viennent en aide à Adnan et sa mère, réfugiés Syriens habitants dans une caravane. Malgré les réticences du père, Arthur et sa mère parviennent à faire soigner la maman et hébergent le jeune garçon, qui lie une forte amitié avec le fils de la famille. Cette solidarité qui n'était pas gagnée d'avance est touchante et crédible. En revanche la suite du roman est beaucoup plus épique : il s'avère qu'Adnan et sa mère son recherchés par les soutiens Français de Bachar Al'Assad. Adnan se lance alors avec son ami dans une course poursuite digne d'un polar. C'est ce que j'ai le moins aimé, mais je reconnais que c'est bien mené, et que c'est accrocheur pour les ados. 
Selon moi la richesse de ce roman réside dans l'éclairage qu'il donne sur le statut des réfugiés en France (ici à Toulouse) et l'accueil qui leur est réservé. Clairement ils ne sont pas les bienvenus, et peu de choses sont mises en place pour leur venir en aide. Ils sont sans cesse menacés de mauvais traitements ou d'expulsion. En cela, ce roman est à mettre entre toutes les mains. Sans fioritures, de façon simple et directe, il permet d'ouvrir nos perspective et sans doute de regarder ces hommes, femmes et enfants obligés de quitter leur pays d'un oeil plus empathique. 

Merci aux Editions Syros Jeunesse pour cet envoi très enrichissant ! 
Et encore une fois, j'adore la couverture :)

jeudi 29 mars 2018

Qu'est ce que j'ai lu pendant ce mois de mars ??!

Hello à tous !
Je crois que j'inaugure une nouvelle sorte d'article : le bilan mensuel. Comme je suis beaucoup sur Instagram, je prends moins de temps pour écrire des articles et finalement davantage pour lire. Je vais donc faire un bilan de ce mois de Mars qui s'achève, et au cours duquel j'ai pas mal lu : 10 romans en tout, et pas que des petits !

Mes coups de coeur 




Pesona, tome 1, Les visages de Victoria Bergman, Erik Axl Sund
Ce premier tome de la trilogie m'a complètement happée ! C'est un thriller psychologique décapant, et j'en avais rarement connu de cette trempe. J'ai lu avec grand plaisir les parcours croisés de Sofia, une thérapeute un peu spéciale, et Jeannette, une inspecteur de police qui n'a pas froid aux yeux. Une sombre affaire de meurtre sur mineur va les rapprocher, et leur faire découvrir les côtés sombres d'une certaine Victoria Bergman...
Je ne vous en dis pas plus. Mais sachez que ce livre fait vivre de sacrés rebondissements; je lirai la suite avec plaisir ! 

Un fils en or, Shilpi Somaya Gowda

Depuis le temps que j'en entends parler, je me suis enfin lancée. Ce roman faisait d'ailleurs partie d'une sélection Folio de l'an dernier. J'ai tardé, j'ai tardé, mais pour quel plaisir !
J'ai complètement adoré suivre le parcours d'Anil, un jeune Indien curieux et bon élève, qui réussit à intégrer l'internat d'un prestigieux hôpital Américain. Son parcours sera semé d'embûches, les médecins ne sont pas tendres avec les internes et le métier d'urgentiste est franchement délicat. En parallèle, en Inde, Leena est mariée à un homme qui s'avère plein d'irrespect et de violence. Leurs deux vies n'ont rien à voir et pourtant. Anil rentre régulièrement en Inde pour assurer la relève de son père en tant que juge des conflits du village, et l'occasion de se revoir se présente. Les deux amis d'enfance vont alors voir leurs vies se croiser, pour le meilleur et souvent le pire.
Le dessin que ce roman brosse de la vie en Inde est passionnant, dérangeant aussi. Et le portrait de l'hôpital américain l'est tout autant. Cette manière de mêler deux univers totalement opposés est véritablement original et m'a complètement happée. Je n'avais qu'une envie, celle de savoir ce qui allait arriver à chacun des personnages. Je vous le conseille donc vivement ! 

A durée déterminée, Samantha Bailly

Après avoir adoré Les Stagiaires, j'attendais avec une grande impatience la sortie de la suite au Livre de Poche. Dès qu'il est arrivé en librairie je me le suis offert et ai commencé ma lecture, qui s'achève trop rapidement ! Il me reste à peine une centaine de pages quand j'écris cet article, mais je veux vous en parler.
Dans ce deuxième tome de la trilogie, Ophélie est en CDD chez Pyxies. Elle n'est plus stagiaire, mais ne fait pas non plus totalement partie de l'équipe. Ce statut intermédiaire n'est pas évident à gérer, surtout quand sa manager lui reproche d'être trop porche des stagiaires... 
On retrouve dans ce roman ce qui m'avait plu dans le premier : des conversations par Communicator (ça sonne tellement Terminator !), des SmS, des soirées, et puis plus sérieusement des réflexions sur l'entreprise, la jeunesse, ce qu'on fait de notre vie quand on a entre 20 et 30 ans. J'aime bien le nouveau personnage de Samuel, qui a 29 ans, une thèse inachevée et une dépression à peine soignée. En allant chez Pyxies, il va retrouver un peu de sens à sa vie partie à vau-l'eau.
Je m'attendais à ce que les deux personnages, Ophélie et Samuel, aient forcément une histoire ensemble. Je ne vous en dis pas plus, mais Samantha Bailly a su encore une fois nous surprendre.
Décidément j'adore les romans de cette auteure, qui me font passer d'excellents moments de détente à chaque fois. Il faudrait juste qu'ils fassent 1000 pages au lieu de 400...^^ ( à bon entendeur :p).

Des coups de coeur très différents. Mais je trouve que c'est agréable de varier ses lectures. Pas vous ?

De bons moments de lecture, avec des livres qui font parler ! 






Sauveur et Fils, saison 4, Marie-Aude Murail
Nous revoilà avec Sauveur et tous ses enfants, dont un seul est le sien. Avec tous ses hamsters aussi. Et avec tous ses patients. Ce dernier tome de la saga nous satisfait parce qu'on a ce qu'on attend : le récit des rendez-vous de Sauveur et de ses consultations. On adore. Mais pour le reste, il n'y a pas tellement d'évolution : sa relation avec Louise n'est semée que de rêves dont on ne sait s'ils les réaliseront; Lazarre est très discret, Gabin un peu moins. Il arrive pas mal de mésaventures à Jovo. Mais rien de révolutionnaire. Pourquoi d'ailleurs est-ce le dernier tome ?
Bref, un super moment de lecture comme à chaque fois, mais je m'attendais à une vraie fin. Peut-être est-ce finalement une bonne nouvelle : une suite ... ??

Tortues à l'infini, John Green
Aïe aïe aïe je ne suis pas bien partie avec ce roman dont pourtant tout le monde parlait... Dès les premières pages j'ai senti le John Green a plein nez. Je m'explique : des personnages un peu marginaux, un gars, une fille, une histoire d'amour hyper mignonne (trop pour être honnête, trop angélique...). Pourtant la première page m'avait accrochée : les tocs de Aza et ses pensées obsessionnelles. Un thème jamais traité et qui me touche particulièrement. Toutefois, cette impression de déjà-vu m'a refroidie et j'ai laissé un peu de temps avant de redonner une chance à ce livre. Quand je l'ai repris, je l'ai lu jusqu'au bout et assez vite, mais sans réel plaisir. Mis à part le thème des pensées obsessionnelles, je n'ai rien trouvé d'original à ce roman...



Hier encore, c'était l'été, Julie de Lestrange
J'avais entendu pas mal de bien sur ce roman, notamment qu'il était facile à lire et sans prise de tête. Je l'ai donc acheté quand j'ai senti que je risquais la panne de lecture après avoir englouti pas mal de romans. Et j'ai eu bien raison car il se lit bien et vite.
On suit plusieurs personnages de 20 ans à 28 ans environ, leurs bouleversements amoureux, familiaux, amicaux. Un personnage de garçon notamment, Alexandre, qui adore sa grand-mère, a un meilleur ami sympa et des amours complexes. Tout ne va pas être facile dans sa vie, mais le tout est raconté avec simplicité. Ce roman raconte finalement la vie de jeunes parisiens assez bobo, dont les parents ont les moyens mais qui galèrent quand même.
A prendre pour ce que c'est, un roman sur une génération gâtée dans l'enfance mais pour laquelle le passage à l'âge adulte n'est pas si simple. Du déjà lu, rien de très innovant, mais on passe un bon moment et on s'attache à certains personnages. 



La disparition de Stephanie Mailer, Joël Dicker

Ahlàlà ce roman a fait couler pas mal d'encre depuis sa sortie. Comme tous les romans d'auteurs à succès : on attend mieux ou pareil que des autres. Pas toujours facile ! En l’occurrence, ce dernier opus made in Dicker a partagé les lecteurs. Il y a ceux qui adorent, mais surtout ceux qui ont bien aimé mais préfèrent les autres. Pour ma part, j'ai bien aimé, passé de bons moments de lecture, mais ne crie pas au chef-d'oeuvre. Mon passif avec ses deux autres romans n'est pas non plus pour rien dans mon impossibilité à donner un avis construit par rapport à eux : j'ai lu La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert il y a très longtemps (au moment de sa sortie en Poche je crois...) et Le Livre des Baltimore et moi avions eu un mauvais timing : je l'avais lu au mauvais moment et il ne m'avait pas plu... Bref, je le juge non pas à l'aune de ses grands-frères, mais pour ce qu'il est un : un sacré pavé, avec plein de personnages et une enquête complexe. 
Je ne ferai pas de résumé du roman car je risque de vous spoiler. Mais en gros, l'auteur ne cesse les allers et retours entre deux époques : 1994 et 2014. Dans la petite ville d'Antea, le festival de théâtre de l'été fait couler beaucoup d'encre et de larmes. En effet, c'est à ce moment que le maire et sa famille ont été assassinés, et que 20 ans plus tard, Stephanie Mailer disparaît...
J'ai bien aimé le suspense qui règne autour de ces disparitions, mais ce n'est pas ce qui m'a tenue le plus en haleine. J'ai préféré ce qui distingue clairement ce roman d'un polar : la variété des personnages, et la plongée plus ou moins profonde dans leur intimité. On découvre trois policiers dont deux, Jesse et Dereck,  étaient en charge de l'enquête de 1994. Anna est quant à elle nouvellement arrivée. Ce qu'on peut dire, c'est que leur vie n'est pas simple : divorcée pour l'une, traumatisé pour l'autre, et le dernier hanté par des évènements qu'on devine mais ne découvre que vers la fin. Finalement l'enquête n'est peut-être pas là où on la croit. C'est plutôt autour des personnages que le mystère règne : qu'est-il arrivé à Natasha, la copine de Jesse ? Qui sont vraiment le directeur du journal pour lequel travaillait Stephanie, ou encore son ex-colloc, ou bien encore le critique littéraire Ostrovki ? J'ai oublié plein de personnages, mais ils sont tous complexes, avec des vies mouvementées et des passés plus que troubles... J'ai d'ailleurs été très intriguée par la fille d'un des personnages, responsable de la mort d'une de ses amies... Cette jeune fille n'a aucun lien avec Stephanie Mailer et pourtant. C'est ce qui fait la richesse de ce roman : l'abondance des personnages, dont l'auteur nous dévoile peu à peu des pans de vie, et pas toujours des plus jolis. 
En bref : j'ai aimé, j'ai passé de bons moments, j'ai lu lentement, en le savourant et sans être impatiente (donc clairement, on est loin du polar !). Mais soyons honnêtes : le style n'y est pas, certains passages sont bâclés (OMG les répétitions !) et on rencontre ça et là fautes de frappe et autres coquilles.
Je reconnais cependant ceci : c'est un tour de force que rédiger un livre aussi dense; un tour de force aussi que de faire lire un tel pavé à tant de gens. Toutefois, je pense que ce livre sera vite oublié; on n'en fera certainement pas un chef-d'oeuvre.


Deux Services Presse pour Syros

 


Un plaisir régressif


Je n'en dirai pas beaucoup à propos de ce roman si connu... Juste que j'ai pris grand plaisir à redécouvrir un polar qui avait énormément marqué mon année de 6ème je crois. Je me souviens avoir adoré essayer de deviner l'identité du meurtrier. Or c'est quand même délicat. Cette histoire est bigrement bien construite, autour de cette comptine un peu angoissante. Un plaisir régressif très agréable !

Une déception...


L'intrigue de cet opus a pourtant tout pour plaire : Camille, une jeune femme proche de la trentaine, a des problèmes de coeur depuis l'enfance. Or, depuis sa dernière greffe, elle a l'impression de changer. En fait, elle connaît l'angor : plus qu'une angine de poitrine, ce phénomène étonnant fait que les cellules greffées d'un coeur agissent au-delà de leurs fonctions physiologiques et font ressentir à l'hôte des émotions de son ancien propriétaire. Et quand Camille découvre qui il était, elle a toutes les raisons de s'inquiéter...
Sharko et Hennebelle ont de leur côté des nuits écourtées par leurs jumeaux nouveaux-nés, et la jeune femme piétine et fulmine de ne pouvoir reprendre le travail. J'adore ces deux policiers, le sujet de la greffe est intéressant. Alors pourquoi j'ai fini par abandonner ma lecture ? Déjà parce que les meurtres sont horribles : tortures, souffrances terribles, fétichisme, enfermement... c'est glauque, ultra glauque. Je préfère quand l'enquête est davantage tournée sur des questions scientifiques. Et puis ça ressemble beaucoup à ce qu'on a déjà lu de l'auteur. A tel point que je me suis demandée si je ne faisais pas une relecture sans m'en rendre compte... Encore une fois des voyages, des activités troubles, les milieux underground, etc...
N'ayant pas plus envie que ça de frisonner ni de me prendre la tête sur la question de l'adoption en Amérique du Sud, j'ai décidé d'abandonner cette lecture. Et ce n'est pas tout de suite que je relirai un thriller. D'autant que le dernier Thilliez, Sharko, m'a déçue. Bref, un bon thriller mais qui n'a pas matché avec moi :p. 

mercredi 28 février 2018

Raison et Sentiments, L'amie prodigieuse 3, le dernier Paula Hawkins et d'autres

Du meilleur au un peu moins !


Raison et Sentiments, Jane Austen

Je me suis surprise moi-même à prendre autant de plaisir à découvrir ce roman si connu de Jane Austen. J'avais eu une bonne expérience avec Orgueil et Préjugés, mais on m'avait dit que celui-ci était peut-être moins bien. Quoi qu'il en soit je me suis lancée, et j'ai apprécié suivre les histoires de coeur de Marianne et Elinor, la première guidée par la passion, l'autre par la raison. Elles rencontrent des hommes, sont pleines de préjugés, et puis finalement tout s'arrange... ou presque. J'ai beaucoup aimé l'histoire de Marianne avec Willoughby, avec ses sentiments réels, et puis les secrets, les non-dits, et les convenances qui empêchent de se dévoiler. Les moeurs et pensées de ce siècle sont très bien retranscrite à travers les dialogues, mais c'est toujours ce qu'il me manque chez Austen : des descriptions des lieux, des gens; une atmosphère plus saisissable.  Même si ils transparaissent dans les pensées des personnages, les lieux manquent de consistance à mon goût. Mais c'est le style Austen, et je m'y plie et m'y plais malgré tout ! J'ai lu ce pavé très vite, je n'en revenais pas moi-même. Le style de la grande dame demande un peu de concentration mais une fois qu'on est dedans, ça roule tout seul ! 

Une petite comparaison avec le si célèbre Pride and Prejudice ?
Certes il n'y a pas dans ce tome le même humour ravageur que dans Orgueil et Préjugés; certes Elinor n'est pas Elizabeth Bennet. Mais les secrets et les rebondissements sont plus nombreux et nous tiennent en éveil.  Une très bonne lecture donc ! 




Au fond de l'eau, Paula Hawkins

Dans un tout autre registre, j'ai eu l'occasion de découvrir le nouveau thriller de Paula Hawkins. Je n'ai pas de souvenir précis de La fille du train, juste que j'avais plutôt aimé mais avais été déçue par rapport aux éloges que j'entendais à son propos. Cette fois j'ai été voir quelques critiques mais elles étaient peu nombreuses et hétérogènes : tout ou rien. Je me suis donc lancée, sans trop d'a priori. Et j'ai tout de suite été happée par ma lecture. Certes il y a beaucoup de personnages, ce qui peut sérieusement nous embrouiller au début. Mais on s'y fait, et l'intrigue se révèle plutôt complexe : des femmes se sont donné la mort dans la rivière, en sautant de la falaise, et ce depuis des années. La dernière en date est Nel Abbott, une femme qui s'était justement lancée dans l'écriture d'un récit basé sur ces diverses morts étranges. Mais en écrivant Le Bassin aux Noyées, elle s'attire des ennuis et finit elle aussi par trouver la mort...Suite à cela, sa soeur Jules vient prendre en charge sa nièce Lena, bouleversée quelques semaines plus tôt par la mort de sa meilleure amie dans les mêmes conditions obscures. 
Vous l'aurez compris, ce livre exploite la métaphore de l'eau meurtrière d'un bout à l'autre, dans une ambiance un peu étrange. Le petit village devient la proie de nombreuses superstitions, et la rivière lieu d'angoisses et d'attirance. En alternant les points de vue de nombreux personnages, Jules, Léna mais aussi Erin l'enquêtrice et son chef, ou encore Patrick le père du policier, l'auteur nous permet d'avoir accès à ne nombreuses pièces du puzzle. Mais il reste flou malgré tout, comme si on le regardait au fond de l'eau.
La fin m'a un peu déçue mais le reste du roman est intriguant, il nous tient en haleine d'un bout à l'autre. J'ai donc passé de très bons moments de lecture, sans crier toutefois au chef-d'oeuvre. 

L'Amie Prodigieuse 3 : Celle qui fuit et celle qui reste, Elena Ferrante

Acheté le jour de sa sortie (pour le symbole !), ce roman attendais dans ma PAL de sûreté, sous mes yeux, depuis trois semaines au plus avant que je ne l'entame. J'avais hâte et en même temps un peu peur... Comme c'est une suite, qui plus est d'une saga qui fait beaucoup parler, on a fatalement des attentes... Je me suis finalement lancée, et heureusement qu'il y a le résumé qui permet de resituer chaque famille au début parce que sinon... Comme j'oublie à chaque fois la fin des romans que je lis (ça me permettrait de les relire, ce que pourtant je ne fais quasiment jamais !) j'avais complètement occulté les fiançailles de Lenu, son livre et surtout sa rencontre avec Nino dans la librairie. Finalement c'est vite revenu (merci aussi à Emma pour le coup de pouce !), et je me suis immédiatement replongée dans l'histoire d'Elena. Comme dans les autres tomes, j'ai préféré suivre la vie d'Elena que celle de Lina. Elena est écrivain, sensible, un peu naïve, et je m'identifie facilement à elle. Lina, elle, est protéiforme, un peu diabolique et surtout insaisissable (c'est d'ailleurs ce qui fascine et repousse à la fois la narratrice). En plus dans ce tome la politique a une grande place, et ce n'est clairement pas ce que j'aime. Grâce au style fluide de l'auteur et très narratif, les histoires de révoltes ouvrières et estudiantines sont bien passées, mais j'ai parfois craint de devoir sauter des pages. ça n'a pas été le cas car les récits se mêlent, qu'ils soient en lien avec la politique ou la simple vie quotidienne. 
Dans ce troisième tome la vie d'Elena change radicalement puisqu'elle se marie, devient maman deux fois et perd l'inspiration. Ce n'est pas facile pour elle, elle est un peu aigrie, mais sans trop vous spoiler, la fin du livre réserve des surprises !
J'ai aussi lu ce roman rapidement et l'ai bien apprécié, même si j'ai préféré le tome 2 avec les longs passages à la plage d'Ischia Dans ce tome 3 on ne voit pas le soleil...


Une vie, Maupassant

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu de classiques ! Or ce roman avait été un de mes préférés durant l'adolescence. Je me suis donc empressée de l'acheter (la version de ma maman étant chez mes parents), et j'ai beaucoup aimé cette lecture.
J'ai été surprise par la dimension pathétique du personnage de Jeanne, qui ne connait rien de la vie et la découvre à ses dépends. Je n'avais pas perçu qu'elle était à ce point irréaliste. Elle qui rêvait son existence, se met à la subir une fois mariée. Jeanne est une sorte d'Emma Bovary pétrie d'illusions brisées. C'est dur, on a peine pour elle mais en même temps, qu'est-ce qu'elle a pu être naïve !
La plume de Maupassant a aussi été intéressante à redécouvrir dans ce roman, un des seuls qu'il ait écrit, laissant la part belles aux nouvelles. La nature et les astres sont personnifiés et deviennent des forces qui scandent l'avènement des épisodes importants de la vie de Jeanne, les paysages sont décrits avec poésie, et les personnages sont parfois proches de la caricature. Cela m'a fait plaisir de lire un roman en pouvant en analyser quelques extraits, juste en passant.
En bref, je suis très contente d'avoir relu ce roman et suis à la recherche d'une autre lecture classique, pour plus tard. 


Temps Glaciaires, Fred Vargas

En fouinant dans ma grande PAL à la recherche d'une lecture qui puisse succéder à la précédente, dense et passionnante, je suis tombée sur ce roman que j'avais oublié avoir acheté. Et je crois que c'est ce qui m'a sauvée d'une panne de lecture qui risquait de pointer le bout de son nez. 
J'ai pris un grand plaisir à retrouver le style de Fred Vargas que j'avais quasiment découvert il y a peu (j'ai lu un ou deux de ses romans étant ado, mais ils ne m'ont pas marquée), avec Quand sort la recluse, que j'ai vraiment beaucoup apprécié (lien de l'article ici). J'ai été moins emballée par ce tome, sorti l'année d'avant, mais j'ai passé d'agréables moments de lecture malgré tout. 
Tout commence avec deux suicides, qui nous emmènent ensuite sur une minuscule île d'Islande où une dizaine de personnes se sont retrouvées prisonnières de la brume sur la banquise, et enfin dans une reconstitution de l'Assemblée Nationale à l'époque de Robespierre. Tout un programme ! Les récits sur l'Islande m'ont bien plu; ceux sur les reconstitutions historiques aussi. On en apprend finalement beaucoup sur Robespierre et la Terreur. Adamsberg est également au top de sa forme, avec ses idées qui émergent tels des têtards dans un bassin et ses folies. Elles m'ont sans doute moins marquée que dans ma lecture précédente. En revanche, les autres membres de la brigade sont davantage mis en valeur dans cet opus, notamment Danglard. On sent bien d'ailleurs que ses relations avec le commissaire se délitent doucement...

Un bon roman, bien mené, bien écrit, avec toute la poésie et la folie de Vargas... mais pas mon préféré, c'est sûr ! Je compte bien continuer dans ma lancée et en lire d'autres de temps en temps, surtout qu'on m'a prêté toute la collection :). 

Ces liens qui nous séparent, Ann Brashares, auteur de Cinq filles et un jean

Bon et bien, petite déception avec ce roman au synopsis pourtant prometteur : une jeune fille et un garçon qui se connaissent sans s'être jamais vus. Une maison de vacances. Des secrets de famille. L'auteur de romans célèbres et bien appréciés. Et pourtant, on reste sur notre faim. 
Sasha et Ray dorment dans la même chambre, le même lit, utilisent la même salle de bain et les mêmes placards depuis des années et pourtant... ils ne se sont jamais vus. En fait chacun est l'enfant du couple recomposé par l'un des membres du couple originel, Robert et Lila. Situation épineuse, puisqu'aucun des deux n'a accepté de céder la maison des vacances. Les familles s'y croisent donc à tour de rôle sans jamais cohabiter. Pourquoi faire simple ? 
Toute l'intrigue tourne autour des relations complexes entre les membres de cette famille et les regrets de Sasha et Ray de ne pas se connaître. Ils finissent par communiquer un peu entre eux, mais c'est léger; et malgré ça, ils sont amoureux l'un de l'autre... Juste par ce qu'ils ont pu découvrir l'un sur l'autre suite à leurs passages respectifs dans la maison. Un peu étrange... et glauque puisque Ray insiste tout le temps sur l'odeur des draps et j'en passe. Bref, l'intrigue n'a pas été creusée dans un sens qui m'a fait palpiter...
On a envie de savoir ce qu'il va leur arriver donc on continue à lire, mais c'est clairement décevant de la part d'une auteur de romances adolescentes aussi expérimentée. Vous l'avez compris, ça n'est pas une mauvaise lecture mais si vous deviez choisir avec un autre roman de l'auteur, passez votre chemin !

jeudi 8 février 2018

Misery, un coup de coeur inattendu !

Misery, Stephen King

Je ne peux que dédier un article complet à ce livre qui a été une immense découverte pour moi, et presque plus qu'un coup de coeur. Pour la petite histoire : il m'intriguait depuis longtemps car je l'avais acheté il y a quelques années dans la collection Harrap's (vous savez, où certains mots sont traduits). Je ne l'avais finalement pas lu car je trouvais le style assez complexe (ce qui est assez vrai). Mais l'histoire de cet écrivain tenu captif par une fan obsessionnelle et carrément folle m'avait toujours interpellée... J'ai donc fini par l'acheter en Français, et par le sortir de ma PAL. Et j'ai eu bien raison ! 


Attention, ce qui suit continent des spoils ! Ne lisez que ce qui est en gras ou en couleur pour les éviter :). 

J'ai trouvé que le début était un peu lent. Mais c'est le temps qu'il faut à Paul Sheldon pour sortir de la torpeur assommante dans laquelle l'ont enfoui les médicaments d'Annie. Annie, la déesse sans forme, de haute stature et forcément effrayante. En vrai, une femme solitaire, adepte de suspense et de sucreries; et dans une autre vie, le Dragon femelle, infirmière auteur de multiples meurtres... Mais ça, on ne le découvre que plus tard...
Une fois qu'il commence à se remettre des fractures multiples de ses jambes, occasionnées par l'accident de voiture duquel Annie l'a "sauvé", Paul doit passer aux choses sérieuses : écrire à Annie un exemplaire unique et inédit des aventures de Misery, l'enquêtrice vedette des best-seller qui sont loin de faire sa fierté, mais font malgré lui sa renommée. Le hic : Misery est morte dans le dernier tome, "Misery's Child". Paul en avait assez de cette pimbêche assez creuse, et a fini par la tuer. Soulagement. Et voilà qu'une folle revient lui exiger la suite, en le tenant captif dans une chambre de sa maison loin du monde. Il va falloir qu'il ressuscite Misery... 
Et Annie n'est pas une lectrice sans exigences : assez simplette en apparence, elle se révèle friande de suspense mais aussi de vraisemblance et de cohérence. Paul s'y reprend  à deux fois pour écrire le premier chapitre de ce qui deviendra "La retour de Misery".
J'ai adoré que l'auteur nous transcrive ces deux premiers chapitres, le second étant carrément horrifiant. On y retrouve la patte de King que je connais encore mal : le frisson. Imaginez une cimetière, des bruits étranges,... J'en avais froid dans le dos. Et c'est là que je me suis dit : il faut que je découvre l'univers de cet auteur, quitte à flipper toute seule dans mon lit ^^. 

Bref, continuons. En parlant d'horreur, celle-ci est allée crescendo sans que je m'y sois attendue : au fil des chapitres, l'envie d'écrire de Paul revient et la folie d'Annie s'accentue. Mieux vaut ne pas la contrarier, sur aucun point que ce soit. Alors quand Paul essaie de s'enfuir, la punition est terrible... Elle lui coupe carrément le pied... Jusque là je crois que je n'avais pas réalisé à quel point Annie était folle; j'avais le sentiment de lire un roman sur l'écriture sous la contrainte, et la pire des tortures d'Annie était de priver l'auteur d'anti-douleur( déjà affreux en soit). Mais avec cet acte, je me suis dit : clairement, je devrais avoir frissonné depuis le début du roman, car cette femme est un vrai monstre... Mais le pire est à venir ! Non seulement elle va lui couper un pied, mais aussi un pouce. L'escalade de la violence et du sang s'accélère dans le dernier quart du livre, pour notre plus grand plaisir (et oui, je me suis découvert un plaisir coupable et avide de découvrir la suite des aventures de Paul...). 

J'ai lu ce livre de 500 pages extrêmement rapidement. En trois jours environ il était lu. Je n'avais pas connu ce sentiment depuis longtemps : celui de ne pas avoir envie de fermer le livre, qui me maintenait éveillée malgré la fatigue. J'ai donc enfin un roman à citer dans les TAG où la question est : le dernier livre qui t'a fait passer une nuit blanche. Bon, clairement, avant 11h30 je dormais, mais quand même, il m'a vraiment maintenue en éveil !

En résumé : un livre passionnant, plein de suspense et de rebondissements. Un bon mélange avec des références au livre que Paul Sheldon écrit, au travail de l'écrivain, et le tout dans une atmosphère angoissante : celle de la séquestration par cette folle d'Annie. Je ne m'aventurerais pas à évoquer la psychologie des personnages, j'aurais peur de dire n'importe quoi. Mais il m'a quand même semblé que Paul acceptait d'une certaine manière sa situation : il n'a pas tellement essayé de se rebeller au début, n'est pas trop tombé dans la déprim' comme on aurait pu s'y attendre. Je pense que c'est lié à son statut d'écrivain et à son imagination fertile. Un père de famille ordinaire n'aurait sans doute pas réagi de la même façon. Et puis le propos n'était pas l'enfermement, comme on en fait beaucoup de livres ces derniers temps. Le propos était finalement l'écriture, les romans et la part de folie qui leur est liée.  

jeudi 1 février 2018

La fourmi rouge et mes dernières lectures

Bonjour bonjour !
J'ai pas mal de livres en retard dont je voudrais vous parler...
Je vais commencer par mon coup de coeur de ces deux dernières semaines, en allant ensuite decrescendo. Globalement j'ai fait des lectures sympathiques mais il y a eu une déception...



La Fourmi Rouge, Emilie Chazerand 

Vania Strudel a quinze ans, elle vit avec son père dans un petit immeuble sans prétention, va entrer en Seconde sans prétentions non plus, et a un sacré sens de l'humour. Heureusement quand on a un prénom pareil, une paupière tombante, une vie aussi peu palpitante et un si piètre estime de soi...
Mais un beau matin, peu de temps après la rentrée au lycée, Vania reçoit un étrange mail qui la secoue : non, elle n'est pas obligée de rester une fourmi noire perdu dans la masse des autres fourmis noires. Si elle le veut, elle peut devenir rouge. 
Qu'est-ce que tout cela veut dire ?
Bon, vendu comme ça, je vous l'accorde, ça ne donne pas super envie. J'ai eu du mal d'ailleurs à essayer de vous rendre le résumé attractif. Mais juste, lisez. Le style est inimitable, prenant, plein d'humour, de références à l'actualité et d'auto-dérision. J'ai adoré ! Je l'ai lu très rapidement, sans me lasser. L'histoire a des rebondissements sympa, mais c'est surtout la manière de les raconter qui m'a conquise. 
Je voulais vous faire partager un extrait mais ne savais lequel choisir, c'est dire. En tout cas je me suis franchement marrée plusieurs fois en lisant ce livre ! Un coup de coeur donc, que je conseiller vivement  à tous, ado à partir de 14 ans et adultes. 

Le Grand Saut, Florence Hinckel

Encore un roman de littérature de jeunesse. Je l'ai tout juste terminé hier soir alors que je l'avais commencé la veille. Clairement j'ai apprécié cette lecture; elle m'a même permis de sortir d'une panne imminente causée par le dernier livre de cet article... bref, j'en reparlerai. 
Iris, Becky, Paul, Sam et Alex sont amis depuis la 6ème. Ils vivent tranquillement à la Ciotat, et évoluent comme tout ado qui se respecte. Le roman, qui est en fait un premier tome, met l'accent sur les trois premiers mois de l'année de Terminale des jeunes gens. Rien que de bien banal au début; mais on se surprend à s'attacher aux personnages : Paul le beau mec paumé et coureur, Iris la littéraire philosophe empathique, Becky la youtubeuse beauté, etc. Chaque chapitre est un compte à rebours vers LA fête de l'année : Halloween chez la plus riche famille de la ville. Tous veulent y aller et ne pensent qu'à ça (peut-être un peu au bac aussi). Mais les choses ne vont pas forcément tourner comme on s'y attend...
Il y a finalement des sujets plutôt profonds qui sont traités dans ce roman en apparence très classique sur la vie quotidienne d'une bande d'ados. J'ai bien envie de découvrir le tome suivant. C'est le roman de Florence Hinckel que j'ai le plus apprécié pour le moment, et qui ne traite pas d'un sujet d'anticipation (elle n'a pas écrit que cela, mais je ne connais que quelques romans d'elle, comme Théa pour l'éternité ou #Bleue que j'avais bien aimé). Je le recommande ! 

Famille parfaite, Lisa Gardner

Dans une toute autre catégorie, le thriller. J'ai beaucoup aimé les deux premiers tiers de ce roman sorti il y a peu au Livre de Poche et qui m'a tout de suite attirée. J'ai aimé le pitch : une famille en apparence unie, riche et heureuse se fait enlever.  La narration m'a également plu : on entre dans le roman par le point de vue de Libby, l'épouse de Justin Denbe, grand patron d'une entreprise de bâtiment. On comprend très vite que quelque chose ne va pas : son mari la trompe, et elle se drogue aux antalgiques. Joli tableau pour un couple parfait ! Quand ils rentrent de leur sortie au restaurant, ils sont surpris de trouver la porte de leur maison ouverte... et de se prendre des décharges de Taser. Leur fille Ashlyn, âgée de 15 ans, sera elle aussi victime de ces trois tortionnaires ayant fait irruption dans leur vie. Ils sont emmenés dans une prison ultra-moderne mais inoccupée, qui a - ironie du sort ?- été construite par la société de Justin... Le huis-clos devient angoissant et passionnant...
En contre-point on a le point de vue de Tessa Leoni, une enquêtrice au sombre passif (sans doute une héroïne de l'auteur). Devenue détective privée, elle n'a pas froid aux yeux et enquête minutieusement sur les douteuses histoires d'argent et de moeurs de la société. D'ailleurs certains passages étaient un peu long à ce niveau là...
En résumé j'ai été happée par ma lecture jusqu'aux trois quarts du roman. J'avais envie d'en savoir plus sur Libby, Justin et Ashlyn. Les passages dédiés à 'enquête en elle-même étaient moins passionnants. La fin m'a semblée un peu poussive, décevante même, mais j'ai passé de bons moments de lecture avec les 600 pages de ce thriller. 

Tiger House, Liza Klaussmann

J'ai ouvert ce roman par hasard, sur les conseils de maman. Et je n'ai pas été déçue. On nous raconte l'histoire d'une famille sur une vingtaine d'années : Nick et Helena sont cousines et passent leurs vacances à Tiger House, une villa radieuse aux Etats-Unis. Mais après 1945, les années passent, elles se marient, ont des enfants, et les choses se gâtent. Dans les années 60, un sombre meurtre vient noircir le tableau de leurs apparentes idylles. Loin du rêve américain qu'elles avaient imaginé, leurs vies tournent rapidement aux règlements de compte, méfiance, mensonge et apparences. 
Les points de vue alternent et les époques avec, ce qui fait qu'il ne faut pas se perdre. Mais j'ai aimé l'atmosphère un peu désuette d'après-guerre, la duplicité des personnages, les nons-dits qui nous font nous poser des questions. Rien à voir avec le récit d'une agréable villégiature comme on pourrait le penser au premier abord. C'est psychologique, prenant, un peu dérangeant. J'ai passé de bons moments de lecture et recommande ! 



New-York Odyssée, kristopher Janzman

Les avis dithyrambiques, le résumé et la beauté de la couverture ont eu raison de moi, et j'ai eu envie de me plonger dans cet univers soit-disant à la Friends. On découvre en effet la vie de bohème de cinq amis qui se connaissent depuis l'adolescence et qui ont décidé de vivre à New York. Les fêtes, l'art, les plaisirs hédonistes à portée de main... tout y passe et tout leur plait. Mais la maladie d'Irène vient noircir ce tableau d'une jeunesse à la fois dorée et paumée dans la grande ville.
Alors, comment dire... j'ai aimé le premier tiers de ce roman. Le style m'a fait un peu penser aux monologues intérieurs de Ulysses de Joyce (mais juste un peu, on est d'accord !). On suit différents personnages, qui ont chacun des aspirations diverses : l'un écrit (dont une espèce d'Odyssée scatologiques dont heureusement on ne nous donne pas à lire de passages), un autre veut demander sa copine en mariage, un autre cherche à s'incruster dans le groupe et tombe amoureux d'Irène, à qui on découvre un cancer. William et Irène sont les personnages qui m'ont touchée : j'ai apprécié le récit de leur rencontre, leur réveillon improvisé, leur simplicité. Les passages qui concernant l'écrivain m'ont clairement soûlée; ceux sur la maladie d'Irène ont fini par devenir trop longs et précis. On la suit dans son traitement, son refus de se soigner parfois, la peur de ses amis... Bref, c'est devenu long, pesant, trop détaillé et trop inégal. Je peux comprendre l'engouement que ce roman a suscité car ces alternances de style changent un peu de ce qu'on a l'habitude de lire. Mais j'ai n'ai pas réussi à dépasser la moitié. Même si j'ai toujours envie de savoir ce qu'il advient d'Irène, lire en diagonales pour choper les passages qui m'intéressent me fatigue. Alors j'ai laissé tomber.

Et vous, l'avez-vous lu ?

Ma lecture en cours 


Depuis le temps qu'il traîne dans ma PAL : je me suis enfin lancée dans Le Bouc-Emissaire de Daphné du Maurier. Seulement mon deuxième romand de l'auteur après Rebecca que j'avais adoré. Je vous en donnerai des nouvelles, j'espère que je vais aimer ! Mais j'ai déjà pas mal accroché au premier chapitre et à l'écriture, donc c'est plutôt un bon présage :). 

Paris est tout petit, Maïté Bernard

Paris est tout petit, Maïté Bernard
Editions Syros
384 pages
17,95 euros
Parution le 1er février 2018

Inès veut entrer à Sciences-Pô. Elle vit en banlieue, est musulmane et, l'année de son bac, trouve un job de femme de ménage chez les Brissac, une famille très aisée qui vit dans le 7ème arrondissement de Paris. A la fin de son premier jour de travail, le fils aîné de la famille, Gabin, la raccompagne et ils s'embrassent dans l'ascenseur. "Paris est tout petit pour tous ceux qui, comme nous, s'aiment d'un aussi grand amour". Inès et Gabin font de cette phrase leur credo. Et puis le soir de l'attentat du Bataclan, le pire se produit. Dès lors, leur histoire prend d'autres couleurs, celles de l'après. 

Un coup de coeur pour ce roman d'amour peu commun. J'ai adoré les personnages, l'intrigue,et la profondeur des réflexions sous-jacentes. Inès et Gabin vivent une histoire hors du commun, d'une part en raison de leurs différences culturelles et sociales, et d'autre part en raison du deuil qui les frappe. La manière dont l'autrice a joint les deux sujets est remarquable et très fluide. La réflexion sur l'intégration, les attentats, le deuil et ses étapes est extrêmement bien amenée, sans dogmatisme. On a toujours envie de découvrir ce qu'il va advenir des personnages, et personnellement j'ai été à chaque fois surprise des choix de l'auteur par rapport à ce que j'avais pu imaginer. Le seul petit bémol que je soulèverai est le fait que, pour avoir voulu traiter autant de thème en une seule fois, l'autrice a pu moins travailler certaines scènes importantes, dont celle de la déclaration d'amour, qui sonne un peu faux par rapport à l'harmonie du reste. M'enfin, ce n'est qu'un petit bémol au regard du plaisir qu'on a à découvrir cette histoire à travers les rues de Paris. En effet, un autre atout de ce livre est la mise en valeur de la capitale, qui devient un personnage presque à elle seule. De nombreuses références géographiques et culturelles enrichissent ce roman déjà palpitant. Et la passion de Gabin pour le cinéma nous donne envie de découvrir ou redécouvrir de nombreux films. Bref, un roman complet, comme on en voit assez peu en littérature jeunesse. Je le conseille donc plus que fortement, et j'espère qu'il aura le succès qu'il mérite. Mieux que "Nos étoiles contraires", voilà l'histoire d'amour de l'année !

Encore une fois MERCI aux Editions Syros pour cette magnifique découverte !!



jeudi 18 janvier 2018

Même si on n'est pas dimanche... bilan de mes dernières lectures !

Pas mal de lectures ces derniers temps, comme on pu le voir ceux qui regardent mon compte Instagram :p



Un roman bof bof

Pour une fois que je me lance dans un Joyce Carol Oates, et bien je suis partiellement déçue. Certes j'ai aimé lire ce roman qui parle de la vie d'adolescentes dont l'une des leurs s'est suicidées. On suit le parcours de deux d'entre elles : l'une a des problèmes avec son corps et la nourriture, une autre des soucis d'attachement à la gent masculine. Ce n'est pas inintéressant mais sans gros plus... Par ailleurs ce roman était classé dans la catégorie "polar". Or rien de tout ça ! La couverture m'a également semblée assez mensongère... 
En résumé : une histoire intéressante, un style chouette qui montre qu'on a affaire à une grande autrice.. mais déception malgré tout. 

Un roman abandonné

Suite au tapage médiatique suscité par la sortie du film, j'ai eu envie de me lancer dans la lecture de l'autobiographie de Romain Gary. J'ai aimé son style dès le début, mais le fil rouge permanent m'a dérangée : sa mère et son désir permanent et intarissable de succès. Je n'ai donc pas poursuivi ma lecture, passant sans doute à côté d'un beau roman... Mais je ne le sentais pas, et avait autre chose à lire. 

Un roman dévoré

Amélie Nothomb me surprendra toujours ! Soit je déteste, soit je lis d'une traite. C'est ce qui est arrivé avec les deux derniers romans que j'ai lus d'elle : Frappe-toi le coeur et La Nostalgie Heureuse. Dans ce dernier, elle évoque son passé au Japon, ses fiançailles avec un jeune nippon, et les souvenirs que cela a laissé en elle. Ce côté introspectif m'a beaucoup plu et emballée. Je me souviendrai longtemps de cette lecture d'avant réveillon du Nouvel An :). 


Et enfin des coups de coeur !

J'ai eu trois coups de coeur ces dernières semaines. Je passerai rapidement sur deux d'entre eux qui bénéficieront d'un article en particulier, et m'appesantirai sur le plus fort d'entre eux...


Un Service Presse des plus touchants 

J'ai adoré lire ce roman jeunesse qui traite de sujets délicats tout en finesse. Je publierai bientôt mon article le concernant, comme il sort début février.




Un début de saga qui dépote !

Je crois que je vous n'en avais pas encore parlé... mais j'ai découvert la saga Le Puits des Mémoires de Gabriel Katz, que j'adore depuis la duologie Aeternia. J'ai lu les deux premiers tomes... et je suis fan !! J'en parlerai plus longuement quand j'aurai lu les trois tomes, mais je peux vous dire qu'avec cet auteur, on ne s'ennuie jamais. L'écriture est fluide, c'est plein de rebondissements, bref, un page-turner avec des changements de points de vue comme je les aime. J'adore !!

Et enfin le coup de coeur ultime !!


Wendy est une jeune adolescente en proie aux désirs et déplaisirs de son âge : 13 ans. Quelle tenue porter? Quoi dire pour être intégrée ? Comment convaincre sa mère de la laisser partir voir son père ? Bref, une ado. Jusqu'au 11 septembre 2001, quand sa maman ne revient pas à la maison. Le chaos s'est emparé des rues de New-York mais surtout de l'appartement où elle vit avec son petit frère et son beau-père Josh. Rien ne sera plus jamais comme avant.

Avec beaucoup de douceur et de style, Joyce Maynard traite le sujet délicat de la résilience adolescente après un tel drame. Wendy est un personnage hyper attachant, pas du tout superficielle, forte, déterminée, intelligente. Suite au drame, elle décide de partir en Californie vivre avec son père biologique, qu'elle connait à peine. Elle en profite pour découvrir la vie, les gens, les autres, avec leurs drames aussi. J'ai adoré sa rencontre avec le bibliothécaire papa d'un enfant autiste, ou encore avec Violet la trop jeune maman. J'ai dévoré ce roman d'une traite ou presque, malgré sa belle densité (plus de 500 pages). Je le recommande à tous, quelque soit l'âge : ado de 15 ans (avant, le style peu rebuter), adultes, retraités, ... tout le monde ne peut être que touché par ce livre fort, en bon équilibre. On n'est ni dans l'angélisme ni dans le réalisme trash. Tout est vu à travers le regard de Wendy, qui porte extrêmement bien son nom : encore une enfant, mais la plus grande et la plus mûre des enfants d'un pays imaginaire où le danger peut être partout, mais où elle parvient à trouver une forme de bonheur. 


Ma lecture du moment
Un roman familial et psychologique étonnant, dans l'Amérique des années 45 à 70.