dimanche 19 novembre 2017

C'est dimanche, l'heure du bilan !

Chers lecteurs !
Ces derniers temps j'ai été bien occupée par mon travail. Mais ça commence à se calmer, et je retrouve le temps de lire... et un peu de vous écrire ! Je vous fais donc le bilan de mes lectures de ces deux dernières semaines.

Un Service Presse qui frôle le coup de coeur : l'article est ICI.



Un roman que j'ai adoré


Ce dernier opus d'Amélie Nothomb m'a énormément plu. La manière dont elle traite le thème de la jalousie est tout à fait inattendue. La cruauté larvée des adultes envers les enfants est au centre de l'ouvrage. En effet Diane, l'héroïne du roman, qu'on suit de sa naissance à son âge de trente ans, a souffert toute sa vie de la jalousie nourrie par sa mère à son égard. Et une fois adulte, elle rencontre une femme avec qui elle va nouer de bien singuliers liens...
Un roman finalement assez indescriptible, addictif, qu'on a du mal à poser tellement les évènements s'enchaînent. Il faut le lire !

Un roman que je ne pensais pas aimer mais qui m'a fait changer d'avis



Flora est victime d'un syndrome rare : une amnésie antérograde. Depuis son âge de 10 ans, suite à une tumeur au cerveau, tout ce qui lui est arrivé deux heures auparavant s'efface de sa mémoire. Alors qu'elle a 17 ans, elle a l'impression d'en avoir 10, bloquée pour toujours dans des souvenirs d'enfant. Pour toujours, jusqu'à ce soir d'été où elle se souvient : elle a embrassé un garçon, l'ex de sa meilleure amie. Et ce garçon est parti dans les Fjords... Flora va alors entretenir une correspondance avec lui et même partir le retrouver là-bas. Un voyage semé d'embûches pour une jeune fille obligée de noter la moindre information sur des cahiers et de tatouer son prénom sur sa main.
Un beau programme de lecture déjà, n'est-ce pas ? Mais c'est sans compter le dernier tiers du roman ! Les deux premiers tiers sont touchants, Flora se sent enfin vivante, amoureuse, et ça m'a émue. Mais deux cents pages plus tard... quel chambardement ! Un retournement de situation fou, que je n'avais pas prévu. Je me suis crue dans un roman de Laura Kasischke, artiste de la chute inattendue et un peu effrayante. 
Comme l'indique le titre, je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce titre et finalement j'ai adoré ! Une très belle surprise. Après je comprends que certains puissent trouver qu'il y a des longueurs et des répétitions : comme Flora oublie tout, elle ressasse souvent les mêmes informations. Mais pour ma part cela ne m'a pas trop dérangée. 

Un livre qui a inspiré un film qui sort mercredi au cinéma 


J'ai beaucoup aimé ce roman, que j'ai depuis très longtemps dans ma PAL et que les actu ciné m'ont fait sortir. Je l'ai lu très vite (d'autant qu'il ne fait que 200 pages) et avec beaucoup d'intérêt. Edouard Louis y raconte son enfance difficile dans un petit village du Nord, et surtout les souffrances liées à son orientation sexuelle différente. Toute son enfance il a été tiraillé entre sa propre nature et les aspirations de sa classe. Lui le jeune garçon délicat, un peu efféminé, dans un monde où les hommes dominent, où il faut être un dur. Il évoque beaucoup ses préjugés de classe, montre l'influence de l'habitus social sur les pensées des gens de son village et sur sa propre mère. Il montre qu'il est possible d'échapper à ce déterminisme social, mais nous fait voir surtout à quel prix.
Un roman qui fait réfléchir, d'autant qu'Edouard Louis est juste un peu plus jeune que moi. Il est fou de voir comment sa famille d'ouvriers vivait au siècle d'Internet... On mesure clairement la fracture sociale. Et en plus d'être instructif, cette autobiographie thématique est passionnante et très bien écrite. A lire, et pourquoi pas à voir. Au ciné, le film s'intitule Marvin ou la belle éducation et sort le 22 Novembre. Attention, il me semble avoir compris que la réalisatrice en ait fait une interprétation assez éloignée du roman (et tant mieux, comme ça on peut lire et voir !). 


Ma lecture du moment



Découverte de ma collègue du CDI, je ne savais trop à quoi m'attendre. A priori une histoire de harcèlement... J'en ai lu 1/5 et pour le moment ça se lit très bien, malgré quelques menues incohérences au niveau de l'intrigue.

Et vous, que lisez-vous sous le plaid en ce dimanche ?

La fille qui avait bu la lune, Kelly Barnhill

La fille qui avait bu la lune, Kelly Branhill
Roman jeunesse de 10 à 99 ans
N°1 sur la liste des best-sellers du New York Times
Editions Anne Carrière
Sortie le 2 Novembre 2017

Merci tout d'abord à Sylvie Chabroux, grâce à qui j'ai pu découvrir ce roman totalement inattendu ! Je l'ai reçu dans ma boîte aux lettres puis commencé sans rien en connaître. Et ce fut une très belle surprise. 

Chaque année, les habitants du Protectorat abandonnent un bébé en sacrifice à la redoutée sorcière des bois. Ils espèrent ainsi détourner sa colère de leur ville prospère. Chaque année, Xan, la sorcière des bois, se voit contrainte de sauver le bébé que les fous du protectorat abandonnent sans qu'elle ait jamais compris pourquoi. 
Elle s'emploie à faire adopter ces enfants par des familles accueillantes dans les royaumes voisins. Mais cette année, le bébé sacrifié est différent des autres : la petite a un lien étrange avec la lune et un potentiel magique sans précédent. Contre son gré, Xan se voit obligée de la ramener chez elle et de persuader ses amis réticents - un monstre marin grincheux aussi vieux que le monde et un dragon nain à qui personne n'ose révéler qu'il ne grandira jamais- d'élever cette étrange, attachante et très turbulente petite fille. Ils la baptiseront Luna et ne tarderont pas à en devenir gâteux. 
Xan a trouvé comment contenir la magie qui grandit à l'intérieur de l'enfant depuis qu'elle a avalé des rayons de lune. Mais bientôt approche son seizième anniversaire, et ses pouvoirs vont se révéler...

De temps en temps un roman jeunesse a le don d'aborder des sujets complexes et universels avec la simplicité et la grâce du conte tout en embarquant ses lecteurs dans une grande aventure aux côtés de personnages inoubliables. Ces rares romans ont un charme à part, parce qu'ils s'adressent à l'enfant irréductible qui sommeille en chacun d'entre nous. 

Ce dernier paragraphe résume très bien ce que j'ai ressenti à cette lecture. Un conte comme on les aime, avec des personnages attachants et surtout qui aborde des thèmes délicats et pourtant nécessaires : l'adoption, l'amitié, la perte d'un enfant, l'adolescence, les origines du monde, le Bien et le Mal,... Bref, un vrai et beau conte. J'ai également apprécié le style de l'auteur, plutôt recherché pour un roman jeunesse. D'ailleurs mieux vaut de bons lecteurs pour s'y atteler entre 10 et 12 ans. Les personnages sont vraiment chouettes. J'ai adoré le petit dragon et le monstre du marais. Et puis il y a Antain, le jeune homme qui se révolte contre les traditions de sa ville. Suivre son évolution a été un vrai plaisir. Xan est également une sorcière émouvante, qui a vécu des siècles et sauvé des tas de bébés. Avec Luna elle tisse une relation particulière et devient sa grand-mère. 

J'ai eu l'impression, en lisant ce roman, de retrouver l'atmosphère onirique, un peu désuète et hors du temps du Domaine des Murmures et de La Terre qui penche de Carole Martinez. Et ça, ça montre que c'était un bon roman ! 
Je le conseille donc fortement à tous. Sans crier au coup de coeur, c'est un conte qui vaut la peine d'être découvert et qui peut apporter beaucoup aux jeunes générations. Je l'imagine bien être étudié en classe par exemple. 

dimanche 5 novembre 2017

C'est dimanche, l'heure du bilan !

Ahlàlà cela fait longtemps que je n'ai pas publié ici !! Mais avec les vacances et surtout mon nouveau compte Instagram (crée grâce à un nouveau téléphone qui fait ENFIN de bonnes photos !), je n'ai pas tellement publié ici... Mais on est dimanche, les vacances se terminent, alors le moment est venu... !!

Une lecture que je n'ai pas terminée 


Miss Alabama et ses petits secrets, Fannie Flagg
Le concept de ce roman est vraiment sympa : Maggie, 60 ans, agent immobilier coquette et surtout ancienne Miss Alabama, en a assez de cette vie. Elle projette donc d'y mettre fin, début Novembre. Mais plus la date approche, moins les choses se passent comme elle le pensait...
Depuis le temps que je l'avais dans ma PAL, je l'ai enfin sorti. J'ai bien aimé le concept, mais dès le début j'ai senti qu'il y aurait des longueurs. Chaque chapitre est consacré à un personnage différent : Maggie souvent, mais aussi ses copines, plus étonnantes les unes que les autres. L'une d'ellles m'a beaucoup plu en particulier, mais l'auteur ne revenait pas souvent sur ses histoires. Bref, je me suis lassée, et ai fini par lire en diagonale puis abandonner le roman. Peut-être suis-je trop jeune encore pour apprécier les vicissitudes de la vie de sexagénaires ? En tout cas je n'ai pas été touchée par ce personnage et son histoire. Et comme entre-temps j'ai trouvé un super livre à lire (allez voir la suite de l'article !), je n'ai pas hésité un instant à le laisser tomber. 

Des lectures agréables et prenantes 



L'homme de Lewis, Peter May
J'avais bien aimé le premier tome de la saga, L'île des chasseurs d'oiseaux. Et j'ai encore plus apprécié ce second opus. Un cadavre momifié dans la tourbe, et le passé du père de Marsailli, atteint de la maladie d’Alzheimer, resurgit. J'ai beaucoup aimé ces retours en arrière sur la jeunesse du vieil homme, qui a perdu ses parents et a été traîné d'internats en maisons d'accueil, jusqu'à ce qu'il soit confié à une famille sur l'île de Lewis. Plus de la moitié du roman est consacrée à ces remémorations du passé, ce qui a contribué à me faire aimer cette lecture. L'enquête sur l'identité du cadavre momifiée est secondaire, mais les flash backs permettent au lecteur de se faire une idée bien précise. Bref, j'ai passé de bons moments de lecture, avec une fin étonnante qui, chose rare, se déroule vraiment sur les 10 dernières pages. Je lirai avec plaisir le troisième opus je pense. 

Ellana, Le pacte des Marchombres, Pierre Bottero
Premier opus d'une saga, pas aussi dense que celle d'Ewilan mais presque. Encore une fois j'ai adoré le style de Pierre Bottero, si travaillé et fluide à la fois. L'histoire de la jeunesse d'Elana est véritablement touchante et prenante. En revanche, une fois qu'elle commence sa formation de Marchombre, j'ai trouvé que beaucoup de moments étaient surfaits et très attendus : elle réussit mieux que tout le monde, surpasse toutes les épreuves, s'oblige à n'avoir aucuns sentiments et fait des remarques sybillines, bien trop évoluées pour son âge. Je préfère Ewilan, même si Ellana enfant ma vraiment touchée. Je ne pense pas continuer la saga, contrairement à ce que je pensais jusqu'aux trois-quarts de ma lecture. 

Deux coups de coeur !




J'ai eu la chance de découvrir deux coups de coeur ces dernières semaines. Le premier n'est pas tellement une découverte finalement, mais confirme mon coup de coeur pour la trilogie. Il s'agit du tome 2 de Sauveur et Fils. J'ai adoré la place prépondérante que prennent les patients de Sauveur dans l'histoire, ainsi que les passages amusants avec les hamsters. Il est bien moins question de magie noire antillaise, ce qui rend l'ensemble plus crédible et réaliste. Par ailleurs j'ai aimé suivre les atermoiements de la relation entre Sauveur et sa nouvelle copine, maman de Paul, le meilleur ami de Lazarre. Tout m'a semblé très juste, on s'identifie facilement à certains personnages et certaines situations. L'ensemble forme un patchwork de la vie : pas toujours facile, avec des larmes, des peines, des peurs, et plein de moments sympa. 

Par hasard dans une librairie, en vacances, je suis tombée sur ce roman, dont j'avais beaucoup entendu parler et qui était resté dans un coin de ma tête : Les Stagiaires, de Samantha Bailly. J'avais cru voir quelque part qu'il était sorti en Poche  et me souviens m'être dit que je devrais le lire. Il m'était toutefois plus ou moins sorti de la tête jusqu'à ce que je tombe sur sa superbe couverture bleue. Je n'ai pas hésité un instant, surtout que c'est un coup de coeur de Margaud !
Les Stagiaires met en scène un ensemble de jeune gens fraîchement embauchés en tant que stagiaires justement, dans une boîte d'édition de jeux vidéo et autres mangas, Pixies. On suit alternativement les points de vue d'Ophélie, jeune fille travailleuse, consciencieuse et douce, et celui d'Arthur, jeune garçon de riche famille, adepte de la fête et de ses plaisirs psychédéliques. J'ai adoré cette manière de faire, comme dans la série des Ames Jumelles. En plus, alterner la perception d'un garçon et d'une fille qui tout oppose enrichit considérablement le roman. Au début centré sur les changements de vie et les accrocs du statut de stagiaire, le roman dévie rapidement sur les histoires de coeur (et de c***, il faut le dire !) pour notre plus grand plaisir. Le tout avec beaucoup de pudeur, attention ! Des couples inattendus se forment, des tensions naissent avec les ex ou autres soupirants; pas toujours facile de travailler dans ces conditions, mais les jeunes s'accrochent, ou alors changent de voie. En plus de nos deux héros, le roman nous donne à découvrir un panel de la jeunesse créative d'aujourd'hui, pour laquelle le monde du travail est complexe, dur, parfois sans pitié, d'autant plus sur Paris. Un très bon roman donc, qui allie plusieurs atouts : une réflexion sur la jeunesse moderne, une bonne intrigue et des histoires d'amour. De quoi contenter bon nombre de lecteurs ! Pour ma part j'ai été comblée et l'ai dévoré en trop peu de temps. A quand la suite ??!!!

Ma lecture du moment 


inattendue mais extrêmement prometteuse. Merci à Sylvie Chabroux qui a fait parvenir ce petit bijou dans ma boîte aux lettres ! 

samedi 21 octobre 2017

Florian Bates enquête : Mystères au collège

Florian Bates enquête : Mystères au collège
James Ponti
Editions Hélium
En librairie à partir du 6 septembre 2017
400 pages
14,50 auros
EAN : 9782330079383

Florian Bates, douze ans, est doté d'un sens de l'observation hors du commun qui lui permet, en se focalisant sur des détails, d'aboutit à de très intéressantes conclusions, à la manière de Sherlock Holmes. Il appelle ça le GRATIN. Le voici dépêché, aux côtés de sa meilleure amie Margaret, dans un collège huppé de Washington, qui compte parmi ses élèves la fille du président des Etats-Unis. Des événements mystérieux, qui perturbent la vie du collège et mettent en péril la sécurité de la fille du président, se sont produits dans l'établissement : casiers vandalisés, réseaux sociaux hors service...Florian et Margaret vont devoir redoubler de finesse et de stratagèmes pour enquêter et gagner la confiance des uns et des autres, et découvrir qui sème ainsi la pagaille au collège. 
Entre une société secrète et des rendez-vous à la Maison Blanche, les deux amis, missionnés en terrain inconnu, sont ainsi confrontés à leurs pairs et à leurs propres questionnements d'adolescents. Parviendront-ils à se faire des amis, et à faire la lumières sur tous ces mystères ? 

Une histoire très rythmée, soutenue par de multiples rebondissements et révélations !
Des personnages très attachants, un duo Holmes et Watson juvénile et drôle, à travers lesquels sont traitées des thématiques fortes (intégration, adoption,...)

Mon avis 

Merci aux éditions Hélium pour cet envoi ! J'ai aimé cette lecture, comme pour le premier volume des aventures de Florian Bates. Le personnage est sympathique, l'intrigue sans temps morts. Le style de James Ponti est fluide, pas du tout enfantin. Dans ce second tome les personnages ont mûri et c'est aussi très agréable. On les suit dans un univers adolescent qui m'a bien plu. Pourtant, j'ai trouvé que certains aspects intéressants ont été négligés au profit des enquêtes, qui finalement elles aussi tournent un peu court à mon goût... J'aurais aimé voir développés les thèmes de l'amitié, des relations entre ados, mieux connaître les personnages secondaires. Mais il est vrai que c'est d'abord un roman d'espionnage...J'espère que par la suite James Ponti laissera plus de place à l'évolution de ses héros ! 

En deux mots (ou un peu plus...!)
Une bonne lecture pour les très bons lecteurs à partir de 9 ans, et pour les bons lecteurs de 10 à 12 ans. Au-delà, ce n'est que pur plaisir !



dimanche 15 octobre 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous le plaid? Stephen King et Florian Bates

Dimanche oblige, voilà un bilan de mes lectures ! Mon rythme est également forcément ralenti par le travail, mais je trouve quand même le temps de lire. 

Ce que j'ai lu cette semaine



Marche ou crève, Stephen King

Après avoir visionné la vidéo de Lemon June, je n’avais qu’une envie, découvrir par moi-même cet étonnant roman de Stephen King. Je m’attendais à lire une version plus terrible des Hunger Games, avec une marche dans la jungle, dans des environnements hostiles etc. Finalement c’est sur des routes bitumées voire des autoroutes que les Marcheurs évoluent, jusqu’à en mourir. Le titre ne pouvait pas être plus explicite. Chaque « candidat » a droit à un bidon d’eau et à une ceinture de nourriture. Mais pour le reste… c’est marche ou crève.
On apprend peu à peu à connaître les autres Marcheurs qui entourent le personnage principal, Ray Garraty. On ne sait pas bien pourquoi il s’est engagé dans la Longue Marche ; il ne le sait pas vraiment lui-même. Tout ce qu’on sait, c’est que 99 des jeunes hommes engagés dans cette marche vont trouver la mort. Plus ou moins tôt, plus ou moins douloureusement : crampes, ampoules, épilepsie, hallucinations, tous les maux y passent. Et les soldats sont là pour donner le coup de grâce.
C’est une transhumance sans pitié qui se déroule sous nos yeux. Ils marchent sans trêve, sans issue sur le bitume qui martèle les pieds, résonne dans le crâne, s’étend indéfiniment. L’atmosphère du livre n’est pas pour autant sordide ou les personnages plein d’énergie pour s’enfuir. Ils avancent, tels des bêtes de somme, vers ce destin qu’ils savent tracé pour eux. Personne ne se révolte, et d’ailleurs personne ne le peut. C’est là que le titre est implacable : c’est marche ou crève.

Ce roman est davantage une réflexion sur la jeunesse, la vie, la mort, le suicide (même si les sujets ne sont pas abordés directement). Ce n’est pas, comme je le croyais au début, un roman où les jeunes, engagés dans un jeu impitoyable, font tout pour survivre. Là, ils subissent et ne luttent pas. Ils savent quel sera leur destin. Tout au long du chemin, ils se repassent le film de leur vie, parlent des filles qu’ils ont laissées mais qu’ils espèrent tout un peu retrouver. Parce que tout de même, certains ont un espoir : gagner. Etre le dernier de la Longue Marche. Survivre, arriver le dernier, dans quelque état que ce soit. C’est cet espoir que Garaty ne lâche pas d’une semelle, en entendant les balles qui achèvent un à un ses coéquipiers. Mais le peut-il, après une marche sans trêve de plusieurs jours, à avancer à plus de 6,5 km/heure, nuit et jour ?

J’ai apprécié cette lecture même si on attend beaucoup d’enfin savoir ce qu’il va se passer. Il y a finalement peu d’actions, et pas de rebondissements. On avance avec ces forçats de la mort, en quête d’on ne sait quoi : reconnaissance (la Marche est diffusée à la télévision), célébrité, ou simplement une issue ? En tout cas je suis contente d’avoir lu ce roman qui me semble peu connu de Stephen King (mais pas tant que ça sensiblement, puisque Ludo, Accalia et d’autres m’en ont parlé !)

Une lecture beaucoup plus cool : Florian Bates enquête : Mystères au collège. 


Le dernier Florian Bates, envoyé par les Editions Syros ! Je vous mettrai ici le lien de l'article qui sera publié prochainement. 

Qu’est-ce que je lis en ce moment



Je me suis lancée avec plaisir dans la suite des aventures de Fin, après L’Ile des Chasseurs d’Oiseaux, de Peter May. J’ai hâte de voir ce qu’il va lui arriver et comment vont évoluer ses relations avec le passé. A son histoire s’ajoute celle d’un mystérieux cadavre retrouvé conservé dans la tourbe… 

dimanche 8 octobre 2017

Le bilan du dimanche : Millenium 4 et nouvelle lecture

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

                                                       

Millenium 4, Ce qui ne me tue pas, David Lagercrantz

Comme le tome 5 vient de sortir, j'ai eu envie de découvrir le tome précédent, sorti chez Babel Noir de poche (vous connaissez ma préférence un tantinet radine pour les livres de Poche :p). Je l'ai acheté il y a un mois environ et ai un peu attendu avant de le commencer. Je craignais de mettre beaucoup de temps à le lire mais finalement je l'ai terminé en moins de 6 jours, pour plus de 500 pages écrites tout petit. La preuve que c'était plutôt un bon livre ! Ce roman a suscité pas mal de polémiques au sein de la communauté livresque, à cause du nouvel auteur. J'ai cherché beaucoup de critiques sur Internet et n'en ai pas tellement trouvé qui me satisfassent. Je vais donc essayer d'être aussi claire que possible sur mes ressentis suite à cette lecture. Notez bien, avant de commencer, que je ne suis absolument pas une experte des trois premiers opus, sachant que je crois ne même pas avoir fini le tome 3, que j'avais trouvé trop long. Mais je suis une grande fan de Lisbeth !

Les points forts 

L'intrigue de ce roman est plutôt chouette. En effet, on suit l'histoire d'un petit garçon de huit ans atteint d'autisme, et à qui on découvre de grands talents de dessinateur et de mathématicien. Son père n'est autre qu'un ponte de l'IA, et travaille en étroite collaboration avec des organismes comme la CIA. Je m'arrêterai là parce que je ne pense pas avoir tout compris des liens entre toutes ces sociétés informatiques aux gros sous. Toutefois ça ne sera pas un point faible car j'ai quand même réussi à suivre l'histoire.

Dans ce tout nouvel opus, l'auteur imite Stieg Larson en n'hésitant pas à faire de longues descriptions des situations des sociétés, que ce soit celle du journal Millénium ou d'autres encore. En cela on retrouve un peu de la patte des originaux. 

Les personnages sont nombreux et relativement fouillés, notamment les nouveaux. L'intrigue en devient complexe mais palpitante, et j'avais toujours envie de poursuivre ma lecture. 
Toutefois tout est loin d'être parfait, et des points faibles peuvent être soulignés...

Les points faibles 

Comme je le disais les personnages secondaires et nouveaux sont assez fouillés, on s'en fait une idée assez précise et l'auteur nous narre des éléments de leur histoire. Malheureusement j'ai eu l'impression de ne pas bien reconnaître nos personnages préférés. Mickaël apparaît finalement assez peu, fatigué au début et véritable héros à la fin (premières des larges ficelles), proche de l'affaire dans un but lucratif, celui de trouver du renouveau pour son journal. Et Lisbeth... parlons-en... On ne la voit presque pas au début, pas beaucoup par la suite, et quand elle apparaît c'est pour jouer l'héroïne dans tous ses poncifs : hackeuse de génie (ça encore on le savait), sang froid exemplaire, résistance à la douleur surhumaine, mais aussi empathie étonnante pour l'enfant autiste. Certes c'est sans doute parce que celui-ci réveille quelque chose chez elle; mais quand même. Par moments, on ne la reconnaît pas. Elle est trop : trop gentille, trop douce parfois, trop brusque d'autres fois. En bref, une caricature d'elle-même. Et elle ne voit jamais Mickaël de toute l'histoire ! En tout cas une chose est certaine : j'ai été déçue ! 

Autre point gênant : l'intrigue est parfois surfaite. Après de longues pages de descriptions, ce qui se passe nous ferait presque sursauter : Lisbeth se prend une balle, s'échappe, rencontre sa soeur,... Bon, je ne vais pas non plus cracher dans la soupe, on ne s'ennuie pas. Néanmoins il y a parfois de grosses ficelles. 

Le style est donc inégal : de très bons passages qui nous replongent bien dans l'univers Millénium, des personnages secondaires fouillés et attachants pour certains (un tantinet nombreux ceci dit), et d'autres passages sont simples, les dialogues un peu caricaturaux et les comportements surfaits. 

Un bon roman donc, mais qui n'est pas à la hauteur des précédents. Je tiens toutefois à modérer mes critiques, car j'ai quand même passé de bons moments de lecture. En résumé je dirais donc que je suppose que les adeptes de Larson sont et seront déçus, et que les lecteurs amateurs de bons page-turners (comme moi !) et curieux de connaître cette suite y trouveront leur compte. 


Ce que je lis en ce moment 

Une lecture totalement inattendue, conseillée par Lemon June dans une très bonne vidéo, qui donne carrément envie : 


C'est une lecture vraiment déroutante (j'en suis à peine à la moitié et en ai rêvé cette nuit !), inédite et prenante. Il y a des passages un peu longs mais je pense que ça tient au style de l'auteur. Je vous en reparlerai ! 

dimanche 1 octobre 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit au chaud ?

Voilà le bilan du dimanche et de la semaine !

La lecture inattendue de la semaine 


Loana Hoarau m'avait contactée via la page du blog en présentant ses livres. Je lui ai donc demandé si elle accepterait de m'en envoyer un par la poste, et elle a dit oui! Merci encore à elle. Elle m'a envoyé Buczko, son dernier roman sorti en 2015 et qui connaît un certain succès. Elle publie surtout sur Ebook, via la maison d'éditions ELP, maison d'éditions numérique. Elle a toutefois accepté de m'envoyer une version papier et je l'en sais grès ! Je ne parviens toujours pas à me mettre au numérique; mais ça, c'est une autre histoire ^^. 

Avant de recevoir le roman, j'avais lu non pas le résumé du roman mais les critiques sur Babelio, lesquelles sont plutôt très positives. J'avais aussi  compris qu'elle écrivait des romans d'horreur. C'est avec ces deux présupposés que j'ai commencé la lecture. Et quelle lecture ! Buczko est le nom du personnage principal, et pas n'importe lequel : c'est un pédophile de la pire espèce. Ceux que traquent tous les enquêteurs dans les bons polars. Ceux dont on découvre les victimes découpées et enterrées dans le jardin. De ceux qui ont une apparence d'ange et un coeur de démon. 
En tant que lecteur, on se demande vraiment ce qu'on est en train de faire. Pénétrer dans l'esprit d'un tueur, pervers qui plus est, est déroutant. Et ce qui l'est encore plus, c'est d'avoir envie de lire de plus en plus vite, pour savoir ce qu'il va advenir. Après avoir avalé les cinquante première page, happée, je me suis demandée si je n'étais pas folle, perverse moi-même, de lire un tel livre avec autant d'intérêt... Et puis j'ai réfléchi, et surtout parlé avec l'auteur. Via Facebook nous avons échangé et elle m'a confirmé que beaucoup de lecteurs avaient ressenti ce malaise, mais que l'idée était surtout de montrer que même un meurtrier est un être humain, empli de contrastes. C'est bel et bien le cas de Buczko, qu'on déteste au début mais auquel on finit par s'attacher. Sa pédophilie est quelque chose qui lui pèse, contre laquelle il lutte péniblement mais sans succès. Cumulé à la consommation de drogue, son vice lui échappe au point de blesser mortellement les petites filles qu'il enlève et qu'il aime... Avec sa dernière victime, la situation est complexe puisque ses sentiments envers elle sont extrêmement forts, plus forts que ceux qu'il développe pour les autres. Celles qu'il prête sans problème à Gabriel, le "mari-père de famille-exemplaire" et qu'ils "consomment" en quelques semaines. Avec Caroline, les choses sont différentes; plus complexes aussi. Comment gérer des pulsions destructrices et les sentiments qui l'animent ? 
Voilà pourquoi on peut non seulement prendre plaisir à une telle lecture, et s'attacher au meurtrier. On se rend compte qu'il souffre de la situation, que c'est complexe pour lui et très déstabilisant. Contrairement à ce qu'on peut penser, il ne fait pas tout cela de sang froid. 
L'auteur m'a confié avoir beaucoup souffert pendant l'écriture de ce roman, qu'elle a hésité à publier. A la fin de ce douloureux parcours elle s'est sentie soulagée et n'a plus écrit pendant plusieurs mois. Plonger ainsi de l'autre côté du miroir, outrepasser la bienséance et pénétrer l'esprit malade d'un tueur pédophile, c'était osé, délicat, dérangeant. Mais Loana Hoarau l'a fait avec talent, tout en pudeur, en retenue. Malgré les horreurs racontées, le plus souvent suggérées, on ne se sent pas voyeur, on ne se sent pas pervers. Aucun détail ne met totalement mal à l'aise, en tout cas pas plus que dans un Franck Thilliez ou un Maxime Chattam bien glauque. La différence est le point de vue : celui du malade, du fou, du dingue; qui plus est quelqu'un qui s'attaque aux enfants. Clairement, je conseille aux âmes sensibles de s'abstenir. Si je n'avais pas reçu ce roman à la maison, je ne l'aurais jamais ouvert. Mais je serais aussi passé à travers un roman étonnant, détonnant, et bouleversant.

Le roman que j'ai fini dimanche soir dernier



Je n'en écrirai pas davantage aujourd'hui, j'en ai déjà bien parlé auparavant !

Ce que je lis en ce moment


Maintenant que le tome 5 est sorti, je me lance dans le tome 4 ! Pour le moment je ne suis pas déçue, et ne sens pas la différence avec les romans de Stieg Larsson. Je ne suis certes pas assez experte en la matière pour en juger totalement objectivement, mais je retrouve bien les personnages tels que je les connais, et la précision chère au papa de la saga.  


mardi 26 septembre 2017

La Servante Ecarlate

La Servante Ecarlate de Margareth Atwood

J'en ai déjà parlé lors du dernier article, et vous proposait la lecture d'un article éclairant sur l'actualité de ce roman. Mais comme je l'ai fini dimanche soir, après avoir posté l'article, et que ce roman mérite vraiment qu'on s'y attarde, je vous en reparle aujourd'hui. 

Ce roman d'anticipation datant de 1985 est à placer dans la même veine que 1984 de Orwell ou encore Le Meilleur des Mondes de Huxley. Ces dystopies sont très réalistes, proches de ce qui pourrait réellement advenir si le monde tombait dans un excès quelconque. 
Dans La Servante Ecarlate, c'est un univers où les femmes sont reléguées au rang d'objet, pour la majorité d'entre elles. La scission entre les deux sexes n'est en effet pas totale puisque quelques femmes dominent les autres : ce sont les Tantes. Elles gouvernent, embrigadent et châtient. Les Epouses, elles, font parade avec les hommes. Et les Servantes portent les enfants des autres. Un statut plus enviable que celui des Non-Femmes envoyées travailler aux colonies, mais tout de même. Elles sont reléguées à leur fonction primaire : des entrailles fonctionnelles. 
Defred est l'une d'entre elle. Elle vit chez Serena Joy, une ancienne chanteuse devenue Epouse. Et son grand malheur est de n'être ni suffisamment jeune pour ne pas avoir connu le monde d'Avant, ni suffisamment âgée pour ne pas avoir eu à offrir les services de son corps. Son quotidien est rythmé par les courses, qu'elle effectue en couple avec une autre servante comme elles; deux ombres vêtues de rouge et de blanc, constamment surveillées. Et le soir, une semaine par mois environ, elle participe à la Cérémonie avec le Commandant et son Epouse. <Attention Spoil>Et oui, un élément terrible de cette histoire, est que le rituel se passe avec les trois à la fois : la Servante est couchée sur l'Epouse, et le Commandant fait ce qu'il a à faire... Dérangeant...
Je ne vous en dirai pas davantage concernant l'intrigue, sinon vous n'auriez plus de surprises. Mais je vais vous parler de mes sentiments pendant cette lecture

Au début j'ai trouvé le style très plat, très lent, très blanc. On a l'impression d'un univers totalement opaque, blanc, insonorisé, où seul le rouge se distingue. L'ambiance est posée, on est bien dans un monde contrôlé, privé de libertés. Même dans les chambres, les Servantes n'ont pas de lustres ni de fenêtre accessible, au cas où il leur prendrait l'idée de le quitter, ce monde. Bref, c'est très lent. Peu d'action; surtout des descriptions du quotidien. Puis il y a quelques flash back. On apprend des choses sur le passé de Defred. Je me suis surprise à ne pas m'y embrouiller; c'est assez fluide une fois qu'on a compris quelles étaient les deux lunes de son univers. Mais c'est toujours lent; page 200, 250, et toujours rien. Enfin on apprend des choses sur les relations entre les Servantes et les pères. Je pensais que l'héroïne allait tomber enceinte. Que neni. L'histoire porte sur autre chose : l'oppression, le conditionnement, les tentatives de résistance, ténues. Peu d'action, je vous l'ai dit. Et puis vers les deux tiers du roman, il se passe vraiment quelque chose, entre Defred et le Commandant. Et là j'ai adoré, ma lecture s'est accélérée. 

Malgré cette lenteur, je n'ai pas arrêté ma lecture. Le style, l'univers, tout m'interpellait, et me demandait de continuer pour en connaître l'évolution. J'ai aimé ce roman, cette histoire; je me suis malgré moi attachée aux personnages. Pendant plus de 5 jours - qui m'ont paru une éternité étant donné mon rythme de lecture habituel-, j'ai suivi Defred dans sa vie, son évolution, ses souvenirs. Et je ne suis pas sortie de cette lecture indemne. Je ne vous ferez pas une analyse politique, je ne suis pas assez au fait avec tout ça, mais une chose est certaine : j'ai aimé le style de ce roman, ses personnages, son intrigue. Je me suis accrochée, et j'ai dépassé mes préjugés. 
Un roman que je conseille à tous, et une série qui a l'air super.

dimanche 24 septembre 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit ptêt bien sous le soleil, ptêt bien sous un plaid ...!

Bonjour bonjour ! Nous sommes dimanche, c'est donc l'heure du bilan.
En ce week-end d'automne indien, on ne sait que trop choisir concernant les lieux de lecture. D'où mon titre,  normand sous toutes les coutures, vous l'aurez remarqué :p.

Ce que j'ai lu cette semaine



J'ai enfin lu le roman qui me faisait de l'oeil depuis longtemps, Celle dont j'ai toujours rêvé de Mérédith Russo. Je vous en fait un bref résumé : Amanda, il y a à peine un an, s'appelait encore Andrew.  Au désespoir de ses parents et armée d'un immense courage, elle a suivi le délicat protocole qui lui a permis de changer de sexe. Le roman débute alors qu'elle arrive dans un nouveau lycée, dans la ville de son père (un peu comme Bella dans Twilight, humhum) et sa vie change radicalement. Elle est belle et bien une fille, et tous les garçons tombent fous d'elle. Elle se fait également plein d'amies. Sa vie semble idylique, mais l'auteur ne nous leurre pas; Amanda doute beaucoup, est en permanence effrayée que son secret ne soit découvert. Toutefois l'histoire d'amour qu'elle vit avec Grant est très jolie, très douce et sincère. On a envie d'y croire, comme elle; mais son passé risque à tout moment de la rattraper. 

C'est un très beau livre sur le transgenre. Bien écrit, avec des rebondissements crédibles, sans m'as-tu vu ni détails inutiles. Une belle histoire d'amourS, avec une héroïne très courageuse. Les relations avec ses parents sont également bien présentes et crédibles, ce qui rend ce roman intéressant et accessible à tous les grands ados et autres lecteurs. 


Cette semaine j'ai aussi commencé La Servante Ecarlate de Margaret Atwood.
Cette dystopie m'a été conseillée par ma libraire, qui a beaucoup aimé la série sortie il y a peu. Je vous laisse lire cet article pour en savoir un peu plus, comme ça je ne vous ferez part que de mes impressions de lecture. 
Le style de l'auteur n'est pas évident : très lent, assez épuré. Elle nous fait part du quotidien de son héroïne de façon détaillée, avec peu de rebondissements. Il y a beaucoup de retours en arrière, sur le passé d'avant la dictature. Je suis surprise de ne pas m'emmêler les pinceaux parce qu'ils peuvent survenir d'un paragraphe à l'autre. Toutefois, comme avec Jane Austen, je me surprends à continuer, et à prendre plaisir à ce que je lis. Certes je n'avance pas vite, mais l'histoire est prenante malgré tout, on a envie de savoir ce qu'il va advenir de cette servante écarlate vouée à enfanter pour les autres. C'est très glauque d'ailleurs ces espèces de cérémonies de la Naissance, la manière dont le Commandant de la maison engrosse cette femme en présence de son Epouse, et comme tous vivent en conditionnement. Dans l'article que je vous invite à lire précédemment, il est question de l'actualité brûlante de la série aux Etats-Unis. Et j'avoue que c'est assez angoissant...

Ce que je compte lire après 

Je ne sais pas encore, peut-être un service de presse que je vais recevoir. Un roman déroutant d'après les avis que j'ai pu lire...


dimanche 17 septembre 2017

La chronique du dimanche : Orgueil et préjugés de Jane Austen

Hello tout le monde !
Je change un peu mes habitudes -sans pourtant trop y déroger- en ne vous proposant en ce dimanche non pas un bilan de lecture mais une chronique sur le livre que j'ai lu cette semaine. Et quel livre ! THE Orgueil et préjugés de cette géniale Jane Austen. Ce livre m'a tenue plus de six jours, style, densité et rentrée obligent. Et puis je crois que d'une certaine manière, cela me peinait de quitter trop vite Elisabeth Bennet et Darcy. 

Avec cette chronique je m'attaque à un gros morceau : je sais que nombreux et surtout nombreuses d'entre vous et autres blogueuses ont un amour particulier pour ce roman. Ce que je vais en dire ne devrait en rien les vexer puisque suite à cette lecture, je crois que je comprends cet amour.; et surtout, je me demande pourquoi je ne l'avais jamais lu avant ! Toutefois je craindrais de ne pas lui rendre suffisamment hommage. Bon, quoi qu'il en soit, je me lance ! 

Je ne savais pas tellement à quoi m'attendre en commençant cette lecture. En réalité je craignais même de m'ennuyer, ou d'avoir affaire à un style complexe, le genre de livre que je lisais quand j'étais étudiante mais qui m'endort en période de travail. Pourtant, dès les premières pages, j'ai été bleuffée : le style est souple sans être simple, fluide, pas compliqué mais très travaillé. On n'est pas dans la litote de Madame de la Fayette ni dans le sous-entendu permanent à la Laclos. C'est autre chose, une retenue qui laisse la part belle à l'ironie, à l'humour et à la sagacité. J'ai été très surprise de voir tant de traits d'esprit et surtout d'humour dans ce roman. Les parents d'Elisabeth sont très critiqués, ainsi que tous les autres personnages de l'oeuvre. On est loin d'un quant à soi fier et mesuré. Je craignais que l'auteur ne laisse transparaître une certaine fierté de classe, teintée de pédantisme et de bourgeoisie. Il n'en est rien. 
L'histoire est quant à elle très simple mais pleine de rebondissements. Je ne ferais pas l'affront ici de la raconter, au risque de lasser celles qui l'ont lu (et relu, n'est pas ^^) et de spoiler ceux et celles qui, comme moi, ne l'auraient pas encore découvert. J'ai été très agréablement comblée d'ailleurs par les nombreuses intrigues secondaires qui se nouent autour de la première, et ce en tout fluidité. 
Et enfin j'ai beaucoup aimé le personnage d'Elisabeth. Je comprends les lectrices qui, dans certains quiz, se comparent à elle et à son amour pour Darcy. C'est vraiment une âme libre, un esprit en avance sur son temps, qui ne se la laisse pas dicter. Les changements de ton de l'auteur, qui joue avec les focalisations de manière discrète, nous laissent entrevoir les pensées de cette jeune femme ouverte et franche, qui parvient à faire fi de nombreux préjugés. 
Dans ce roman les personnages sont orgueilleux et surtout plein de préjugés. Darcy est la première victime de ces mauvaises impressions au début du roman, et heureusement que l'héroïne lui redonne ses lettres de noblesse. Ceux qu'on croit les plus hautains et les moins avenants sont souvent les coeurs les plus riches; ils ne demandent qu'à être découverts. Il n'est toutefois pas le seul à être objet de ces jugements liés à leur comportement. Mrs. Bennet est un cible de choix avec ses nerfs et ses joies extravagantes. D'ailleurs les caractères détonants des soeurs Bennet est quelque chose qui m'a bien amusée. Comment est-ce que des enfants peuvent-ils à ce point ressembler à l'un ou l'autre de leur parent ! En tout cas j'ai bien apprécié Lizzy et Jane. Cette dernière est une belle âme, plus fade qu'Elisabeth, moins sauvage, plus docile, mais un personnage intéressant. 
Darcy est sans doute le plus fascinant de tous. Duplice, généreux dans l'ombre, héroïque sans qu'il n'y paraisse, il parvient à faire tomber les jugements qui font de lui un goujat pour se hisser au rang de chevalier. 

Bon je m'arrête avec mes analyses, qui sont sans doute des portes enfoncées et ne valent pas grand chose. Tout ça me montre simplement, si besoin en était encore, que j'ai beaucoup aimé ce roman. Dommage que la fatigue de la reprise ne m'ait pas permis d'en lire de plus longs passages d'une traite (je m'endormais à chaque fois au bout de 10 à 20 pages le soir, sic...). Mais j'ai tout de même réussi à le terminer en moins d'une semaine et surtout, je n'ai jamais eu la tentation de sauter des pages ! Un gage de réussite pour moi :). 
Je ne compte pas me relancer de suite dans la lecture d'un autre roman de l'auteur, mais j'espère bien poursuivre sa découverte. 

Avis aux fans inconditionnelles : que lire après ??!

Et juste un petit mot sur ma nouvelle lecture, parce qu'on est dimanche et qu'on lit (un peu sous le plaid, et un peu sur le transat !)


Un roman sur le transgenre, qui commence très bien en tout cas. Ma collègue m'a dit qu'il était tout en pudeur, j'espère ne pas être déçue ! 

Ce que je pense lire après 

Parce que j'ai découvert que c'était d'une actualité brûlante aux Etats-Unis, et parce que le sujet m'intéresse : 


dimanche 10 septembre 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit au chaud ?

Ce que j'ai lu cette semaine 



La Septième vague, Daniel Glattauer
J'ai bien aimé la suite du premier tome, Quand Souffle le vent du Nord (lien ici). On a enfin ce qu'on voulait ! Il y a un peu de suspense mais aussi quelques longueurs malheureusement. Mais on a tellement envie de savoir ce qui va arriver à nos deux personnages qu'on ne peut pas zapper la lecture. Les mails sont aussi globalement plus longs que dans le premier tome. 

Les filles de Roanoke, Amy Engel
Dans cette petite ville du Kansas, tout le monde envie les filles Roanoke. Elles sont belles, jeunes et riches. Elles vivent avec leurs grands-parents dans le domaine familial, au milieu des champs de blé. Leur vie semble douce. Mais il y a quelque chose de pourri au royaume des Roanoke. Camilla, Penelope, Eleanor, toutes les filles de la lignée ont connu des fins tragiques. Quand sa cousine Allegra disparaît à son tour, Lane se lance à sa recherche, sans se douter qu'elle va déterrer les plus noirs des secrets de famille. 

Ce roman est...comment dire... étonnant, dérangeant, voire flippant. Je m'explique (attention, spoil !) Toutes les filles de cette famille se ressemblent étrangement... et pour cause, elles ont toutes le même père. Je ne vous en dirai pas plus, on ne nous en dit d'ailleurs pas vraiment davantage tout au long de l'histoire. J'ai apprécié cette pudeur qui plane sur le "quelque chose de pourri" qui croit sur la famille. On s'en doute sans trop oser y croire, et puis les indices s'accumulent et on n'a plus de doutes. Le personnage principal, Allegra, est également attachante, mais très mystérieuse. Elle revendique à de nombreuses reprises cette noirceur qui l'habite, peut-être en raison de sa génétique bouleversée. Le roman oscille sans cesse entre passé et présent, noirceur et plaisirs, quête d'absolu et cauchemar intense. Quand on pense que l'auteur est la même que celle de The Book Of Ivy, on ne peut être que surpris. En effet le sujet est particulièrement osé et délicat, très bien traité, tout en nuances. L'écriture est également très travaillée, un pur plaisir. 
Un roman qui vaut le coup, qui bouleverse et remet en cause les valeurs habituelles, le tout en pudeur. Contrairement à Forbidden, le sujet de l'inceste est traité avec encore plus de retenue, l'auteur tourne autour des histoires des filles de la famille sans jamais rentrer dans de sordides détails.


Lucie, ou la vocation, Maëlle Guillaud

Lucie est une jeune fille qui ne sait trop que faire de sa vie. La khâgne la tue à petits feux, son père lui impose indirectement des exigences de carrière, et elle ne sait que choisir. Lorsqu'elle rencontre Mathilde et avec elle les congrégations, sa vie prend un nouveau tournant. Elle se sent appelée, elle croit avoir trouvé sa vocation : entrer dans les ordres.
Comme dans un mariage, tout est magnifique au début : les fiançailles, les premiers pas, les premières promesses. Mais finalement les choses se gâtent quand elle découvre l'amère réalité de la vie de novice : le respect de l'autorité farouche de la mère supérieure, les contraintes multiples (prendre du poids, se tondre les cheveux, oublier sa famille,...) et les animosités larvées. Le couvent est un lieu clos mais dangereux, pervers, où les valeurs humaines qu'on suppose être celles de la chrétienté volent en éclat dès les portes fermées. De quoi écoeurer de ce monde coupé du reste, où l'on pourrait se croire protégé. J'ai beaucoup aimé cette lecture, qui lève le voile, - sans mauvais jeu de mots !- sur la réalité de la vie des soeurs, les sacrifices et l'âpreté qu'imposent leur engagement. La fin en plus est totalement ambivalente, de quoi nous laisser sur un sentiment un peu effrayant.

Lecture du moment



Comme je le disais sur la page, j'ai envie de me remettre à lire de la littérature plus classique. Du coup j'ai fouillé dans ma bibliothèque et au CDI et ai eu envie de me lancer dans le célèbre Orgueil et Préjugés de Jane Austen, que je ne connais finalement que par les films et que je n'ai jamais vraiment lu. Pour le moment j'adore, alors que j'avais peur des longueurs. Je n'en suis qu'à une quarantaine de pages, pourvu que ça dure ! 

lundi 4 septembre 2017

Sortie Syros Septembre : Un roman d'aventure (ou presque !), Yaël Hassan

Un roman d'aventres (ou presque !)
 Yaël Hassan
Editions Syros
256 pages
A paraître le 7 septembre 2017 

Pour réussir un roman d'aventures, il faut : des personnages attachants, une quête palpitante, de l'action, de la peur, de l'amitié, de l'amour, des méchants, de quoi faire rêver les jeunes, des dauphins. Voilà la liste rassurante des ingrédients du roman d'aventures trouvées sur Internet par notre auteur, qui s'attelle courageusement à son objectif. Son point de départ : une bande d'ados se retrouve sans parents le jour de Noël. Mais il va bientôt se rendre compte (entre autres) qu'il va devoir inventer une bonne raison à cette disparition, qu'il est nul pour les descriptions et qu'il ne sait pas écrire une scène d'action. Et c'est alors que sa vie (sa vraie vie) se met à ressembler à un roman...

En quelques mots :

- Une histoire à mourir de rire, où Yaël Hassan s'autorise toutes les audaces formelles, où le personnage de l'apprenti écrivain ne cesse d'interrompre son récit pour nous livrer ses doutes et ses états d'âme.
- Un livre que nous fait toucher du doigts les ficelles du processus créatif : notre auteur saura se sortir des situations romanesques les plus inextricables ! Un vrai cours d'écriture autour du genre du roman d'aventures.
- Deux romans en un, aussi palpitants l'un que l'autre : l'histoire que l'écrivain va inventer sous nos yeux (l'aventure palpitante de la bande d'ados) et celle, totalement inattendue, qu'il va vivre sans sa vie (sa maison de campagne cambriolée, etc...). Un jeu irrésistible sur le vrai et le faux. 

J'ai adoré cette lecture. J'ai trouvé cette idée de mise en abîme de l'écriture très intéressante et très bien réalisée. Le narrateur - un ancien journaliste qui se lance dans l'écriture de son premier roman- , tout en nous racontant l'histoire plutôt passionnante de ces personnages dont les parents ont disparu suite à une tempête, nous explique les diverses démarches de l'écriture. Ses joies, ses difficultés, ses moments d'abattement, ses épiphanies et j'en passe. Les nombreuses digressions qui jalonnent son récit sont véritablement pertinentes. D'une part elles sont très pédagogiques et font réfléchir le jeune lecteur au parcours complexe et semé d'embûches qu'est l'écriture d'un roman, surtout d'un roman d'aventures. D'autres part elles sont très attrayantes quand on s'intéresse tout simplement au travail de l'écrivain quand on n'en est pas un soi-même. Or la vie des écrivains est quelque chose qui me fascine; avec ce roman, j'ai donc été servie, même si le ton est toujours celui de l'humour et reste positif (nous n'entrons pas dans des atermoiements à la Delphine de Vigan, heureusement pour les jeunes lecteurs !). 
Ces digressions peuvent être tout simplement lexicales (la professeur en moi jubile !), techniques (combien de chapitres, une description ici ? un dialogue ?) ou bien concerner les thèmes de l'histoires, les interrogations sur ce qui intéresse le public etc. C'est extrêmement bien fait, la trame des histoires en est enrichie au lieu d'être parasitée et c'est très instructif. Par ailleurs le fils du narrateur-écrivain est son premier lecteur, et ses impressions en tant que jeune sont très profitables. On sent que Yaël Hassan avait envie, comme elle le dit dans une interview, de "tenter l'aventure" en se lançant dans un genre (le roman d'aventures) qu'elle n'avait jamais essayé et que ses lecteurs lui réclamaient souvent. Et très vite lui est venue l'envie "de faire de sa démarche, de ses tentatives, de cette expérience, un livre en soi". 
L'histoire racontée par note écrivain en herbes est quant à elle palpitante pour un jeune lecteur, qui peut s'identifier très facilement à ces nombreux ados d'âges divers et aux personnalités marquées. Les parents sont absents en plus, ce qui donne une touche aventureuse si j'ose dire, à l'ensemble. Yaël Hassan ne manque pas d'ailleurs de faire des références plus ou moins dissimulée à divers dystopies de la collection Syros, ce que j'ai trouvé amusant. 

J'ai donc adoré ce roman pour son originalité, et surtout pour la mise en relief de l'activité de l'écrivain. En tant qu'enseignante, je ne peux qu'en recommander chaudement la lecture en collège : le style et les termes utilisés sont peut-être un peu complexes en 6ème (là où Momo Petit Prince des Bleuets, du même auteur, est génial) mais pour de bons lecteurs c'est abordable. Sinon il est possible d'en étudier des extraits pour travailler sur la fabrique du livre. En 5ème il serait tout à fait adapté. 

Bref, bravo à Yaël Hassan pour ce roman passionnant dans toutes ses dimensions, et merci aux Editions Syros pour cette découverte :). 

dimanche 3 septembre 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit à l'abri de la pluie ?

C'est la rentrée, le travail intensif reprend, le rythme qui va avec aussi. Je vais donc sans doute voir mon rythme de lecture ralentir... Ceci étant, je vais aussi avoir un accès quotidien au CDI; donc j'aurai aussi davantage de choix de romans jeunesse ! Donc à voir pour les lectures; une chose reste certaine : je publierai sans aucun doute beaucoup moins. J'essaierai néanmoins toujours de poster mes bilans du dimanche :).

Ma lecture de la semaine 



Cette semaine j'ai eu moins de temps pour lire et en plus je me suis lancée dans un pavé : le dernier Franck Thilliez. J'ai beaucoup aimé cette lecture, comme à chaque fois avec les Thilliez qui mettent en scène Sharko et Henebelle. Enfin je crois que je n'ai jamais lu que ceux avec Sharko et/ou Henebelle... Rêver me fait de l'oeil d'ailleurs. Sortirai-je de ma zone de confort ?! 
En tout cas j'ai aimé retrouver mes personnages favoris, surtout Sharko d'ailleurs dans ce tome. Pourquoi me direz-vous ? Ce que je vais vous raconter là ne va pas vous spoiler, pas de panique; ça se passe dès le début du roman. Et bien parce que Lucie commet un meurtre, dès les premières pages. Comme souvent elle se lance dans des recherches en solo, et surtout dans la gueule d'une cave sombre dans laquelle oeuvre un taré tondeur de chats et fan de sangsues. Pas terrible... Elle se fait attaquer, se défend et bam, le coup part. Le téléphone de Sharko sonne; il accourt. Calcule tout, ou presque. Maquille la scène de crime, récupère les indices. Achève la victime (le côté sombre du requin ! ). Et tout au long du roman, ils vivent la peur au ventre, surtout Lucie. C'est pourquoi on ne l'entend presque pas, malheureusement. Le second personnage phare de ce tome, après Sharko, est Nicolas Bellanger, l'ex chef d'équipe abîmé dans la drogue et l'alcool depuis la mort de sa compagne dans des circonstances tragiques, lors de l'affaire Pandémia. Il va prendre cette enquête à coeur et devenir l'ennemi à abattre si le couple veut s'en sortir indemne. Ils vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, et Bellanger ne demande qu'à la faire tomber. 
Sharko et Hennebelle dans la peau des meurtriers; le fantasme de tout auteur de polar, et de tout lecteur aussi ! Non pas une trouvaille mais une belle gageure, parce qu'un tel retournement de situation demande à être bien traité. Thilliez y parvient mais au bout de 400 pages sur les presque 600, on sent le vent tourner favorablement pour nos deux policiers préférés, la peur quitterait presque Sharko (peut-être est-ce fait exprès, lisez la suite :p), et l'intrigue selon moi majeure s'affadit pour céder la place à l'enquête sur les vampires et les personnes atteintes d'une maladie anesthésiant le sentiment de peur. D'ailleurs le prologue, avec son histoire de requin, est top. Donc, pour résumer, le polar zélé et innovant s'essouffle pour devenir un Franck Thilliez de base : des tas de statistiques, des références médicales pointues, des tribus aborigènes (on les retrouve souvent, à la source de tas de soucis), un labyrinthe complexe vers le coupable.  J'ai donc été déçue par la fin, très (trop ?) documentée, intéressante mais pas palpitante. En bref, les infos étaient bien entendu différentes (d'ailleurs si vous avaient quelque chose contre l'hémoglobine, accrochez-vous !) mais la forme semblable aux autres Thilliez que j'ai lus. Donc un peu déçue sur ce point. J'ai terminé ma lecture sans grand enthousiasme, après avoir adoré les premiers jours. 
En résumé, un bon roman, une intrigue de départ alléchante, mais une fin relativement commune à qui connaît l'auteur. 

Ma lecture en cours


Je n'ai donc lu qu'un seul roman cette semaine, et ai commencé hier soir la suite de Quand souffle le vent du Nord



mercredi 30 août 2017

Nouveauté chez Helium ! Les optimistes meurent en premier, Susin Nielsen

Les optimistes meurent en premier, Susin Nielsen
Editions Helium
192 pages
14,90 euros
Sortie le 30 août 2017


Depuis la tragédie qui a anéanti sa famille, Pétula de Wilde, seize ans, a développé de nombreuses phobies. Ma voilà coincée entre ses parents accablés par le chagrin et une ex-meilleure amie qui ne lui adresse plus la parole. Pessimiste, elle estime qu'une très grande prudence et une hygiène extrême lui permettront de parer à la moindre catastrophe. 
Mais est-ce bien réaliste ? ... Au lycée, contrainte et forcée, elle fait partie d'un cours d'Art Thérapie. Les ados "à problèmes" y assistent et se supportent tout juste. Jusqu'à ce que "l'Homme bionique" fasse son apparition. Le mystérieux Jacob, amputé d'un avant-bras suite à un accident, passionné par le cinéma et aussi rentre-dedans que sarcastique, rejoint le groupe; malgré ses réticences, l'adolescente a du mal à résister à son charme. Elle revit et oublie ses phobies. Mais il se pourrait que Jacob, lui aussi, cache un secret plus lourd à porter...

Auréolée de prix littéraires, Susin Nielsen donne une fois encore une voix juste et singulière à ses personnages, qu'elle accompagne sur le chemin de la résilience. 

L'auteur réussit ce pari délicat : allier humour et sujets sensibles dans un roman pour ados. Pétula est une adolescente névrosée, obsédée de la propreté et des risques. Elle refuse de passer devant un chantier, nettoie régulièrement toutes les surfaces de sa maison, ne touche pas une poignée de porte ou encore refuse d'aller dans des toilettes publiques oud de prendre l'ascenseur. Elle suit un cours d'Art Thérapie dans son lycée, pour essayer de régler ces problèmes, survenus deux ans plus tôt à la suite d'un drame qui a déchiré sa famille. Au lycée ses amis la snobent; à la maison ses parents se déchirent; il n'y a que ses chats qui sont encore adorables avec elle. Mais quand Jacob arrive au cours d'Art Thérapie, les choses changent : elle trouve en lui un allié, un ami, et peut-être davantage. 

Pourquoi on ne peut qu'aimer ce roman :
Susin Nielsen traite d'un sujet délicat, la culpabilité. La plupart des ados de ce roman en sont rongés, pour des raisons plus ou moins "graves". Mais surtout, elle traite de la résilience : comment surmonter de pareils cataclysmes, qui viennent bouleverser une vie, et plus encore une vie adolescente, dans laquelle tout change perpétuellement. Très auto-centrés, ces ados trouvent moyen de s'entre-aider en résolvant leurs propres problèmes. Ainsi Jacob aide ses amis en leur faisant tourner des vidéo. Les jeunes lecteurs pourront sans peine s'identifier ou reconnaître des camarades. 
L'auteur a le chic d'aborder ces délicats mal-êtres adolescents avec beaucoup de légèreté et d'humour : Pétula et Jacob ne sont pas des jeunes gens hargneux et farouches. Ils pleurent bien sûr, mais en silence, dans leur chambre. Au quotidien, malgré le poids qu'ils s'obligent à porter sur leurs épaules, ils sont plutôt drôles et pleins de dérision. C'est ce qui fait selon moi le charme des personnages de Susin Nielsen.

Je n'ai pas eu de coup de coeur pour ce roman comme j'en avais eu un pour On est tous faits de molécules, de la même auteur. J'ai trouvé que le sujet était très intéressant, toujours très bien traité, avec une place réaliste et sympathique accordée aux adultes. Mais j'ai eu un sentiment de déjà vu; les personnages d’ados mal dans leur peau et pourtant extrêmement attachants deviennent très courants en littérature de jeunesse. Je pense donc que mon sentiment est totalement personnel, dans la mesure où, si j’avais lu ce roman il y a un an par exemple, j’aurais pu avoir un coup de cœur. Mais après avoir lu Je suis ton soleil, la série des Quatre Sœurs ou encore Les garçons ne tricotent pas en public, j’avais déjà rencontré de nombreux personnages un peu comme Pétula : aux manies bizarres, qui adorent les chats, n’ont pas tellement d’amis et sont justes géniaux. Je les adore ces personnages, mais j’ai eu le sentiment de ne rien découvrir de nouveau. 

Cela ne change en rien mon opinion sur ce roman : c’est une pépite. Le texte est super, l’idée très bonne et surtout très bien menée. La couverture est en plus superbe, ce qui fait de ce roman un petit bijou, que je conseille à tous, ados, adultes et éducateurs. Merci aux Editions Helium pour cette lecture :)