mercredi 22 mars 2017

Scarrels, Marcus Malte

Scarrels, (poésie pure), Marcus Malte
Editions Syros
Nouvelle édition 2017
Première édition février 2008

Regency. Une cité où l’on ne vit que la nuit, sous l’œil acéré des faucons anges gardiens. Un groupe d’adolescents animés de rêves irréductibles, donc menacé. Des phrases insolites apparues sur les murs, qu’il faut mémoriser avant qu’elles ne s’effacent… pour entrevoir peut-être la possibilité d’un monde meilleur. Un monde où nul n’aurait en tout cas songé à inventer les scarrels.

Merci aux éditions Syros pour cet envoi. Ce roman d’anticipation me faisait très envie, d’autant plus que son auteur, Marcus Malte, est le parrain de la prochaine édition du festival Etonnants Voyageurs à Saint-Malo cette année. Et pour ne rien gâcher, la couverture est très jolie. C’est un bel objet. Les premières pages m’ont bien plu, j’ai aimé découvrir cet univers dystopique, quasiment totalitaire, dans lequel des adolescents essaient de survivre alors que plus rien n’a de sens. Tout est étrange dans ce monde : le pop corn est le nouvel Eldorado, il pleut sans discontinuer, les animaux sont victimes de jeux vicieux et des espèces d’escargots, les scarrels, laissent des traces bleues étranges partout où ils passent. Le groupe d’adolescents dont fait partie Luc se prête à un jeu qui s’avérera vital : retenir les phrases qui apparaissent sur les murs et s’effacent. Seule leur mémoire leur permettra peut-être de changer les choses.

Je dois vous avouer que ce roman n’est pas arrivé au bon moment pour moi. Son ton est extrêmement poétique, on a presque l’impression parfois d’être dans un style qui flirte avec le surréalisme. L’univers décrit est extrêmement intéressant mais j’ai eu l’impression d’être vraiment perdue entre les rêves de Luc, l’univers quasi apocalyptique et les métaphores. Pourtant j’adore la littérature, les nouveaux territoires sur lesquels elle peut s’aventurer, mais je n’arrive pas à m’y détendre. Cette lecture fut donc laborieuse pour moi. Mais ceci mis à part, ce roman pour ados est un grand. Un grand roman de par son thème, en cela il rejoint 1984 et autres uchronies à l’univers totalitaire, mais son style extrêmement travaillé et poétique le fait entrer dans la cour des grands. Les rebondissements, l’histoire d’amour entre Luc et Jona le rendent attrayant pour les ados, mais la manière dont il est écrit l’emmène au-delà.


Ce style qu’on pourrait qualifier d’hermétique, où il est difficile de se situer, où les frontières entre le bien, le mal et tout simplement l’espace-temps sont très floues, peut dérouter. Je me suis moi-même perdue. Mais c’est un roman de grande qualité, dans lequel je me replongerai peut-être une autre fois, car c’est de la belle littérature

dimanche 19 mars 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous le plaid #2

Tout d’abord merci pour les retours positifs concernant ce nouveau rendez-vous ! J’ai été ravie et en plus il me rend bien service étant donné le peu de temps que j’ai à consacrer au blog par rapport au temps que je passe à lire. Bon, allez, passons aux choses sérieuses !

Qu’est-ce que j’ai lu cette semaine ?





Cette semaine a été occupée de moitié par la lecture du Livre des Baltimore, de Joël Dicker. Je vous disais dans l’article précédent qu’il y avait quelques longueurs, et bien je ne peux malheureusement que confirmer cela… Il y a tellement de longueurs que j’ai fini par lire le roman en diagonale, juste pour savoir quel est le drame qui touche les Baltimore… J’ai même failli abandonner le roman en cours de route, mais finalement certains passages m’ont bien plu et j’ai continué… toujours en diagonale :p.
Malgré tout il y a certaines choses que j’ai aimées dans ce roman : le fait que le narrateur soit écrivain, le décor américain et les tranches de vie dans une ambiance à la Paul Auster, et puis la relation entre Alexandra et le narrateur. Pour le reste, j’ai été assez déçue mais bon, je ne vais pas m’attarder là-dessus J.

Ensuite, pour me consoler, j’ai lu un tout petit roman, lui aussi envoyé par Syros, Des livres et moi de Matt7ieu Radenac. Il s’agit d’un échange de mails entre un jeune garçon qui vit dans une cité et un écrivain. C’était court mais super ! Je vous en parle dans cet article.

J’ai aussi découvert, grâce à ma collègue du CDI (si elle passe par là, merci à elle pour tout, elle comprendra :p), un chouette roman sur l’anorexie (encore un, oui, mais celui-là était clairement plus soft que Je suis une fille de l’hiver !). Le complexe du papillon d’Annelise Heurtier a été un très bon moment de lecture. J’ai aimé suivre la vie de Mathilde sur ces quelques mois où tout a changé pour elle. Une de ses camarades rentre de vacances avec un corps de rêve, elle a envie de rentrer dans cette superbe robe pour un mariage, et la voilà qui bascule. Son anorexie mentale va être relativement légère et surtout prise en charge très rapidement (trop peut-être ?). Ce livre est finalement une bonne illustration non pas de la maladie en elle-même, mais plutôt de la manière dont elle advient. Un roman assez court et agréable à lire, que je conseille vivement aux jeunes filles et femmes de tous âges.



Une lecture étrange...





Comme je ne savais pas si j’allais continuer ma lecture, j’ai entamé le dernier service-presse de chez Syros que j’ai reçu, à savoir Scarrels de Marcus Malte. J’ai apprécié le début, mais après ça s’est gâté… Je vous en parle dans un prochain article.


Qu’est-ce que je lis sous mon plaid aujourd’hui ?


En ce moment je lis le roman qui m’a sans doute sauvée de la panne de lecture !!


J’essayais de lire Scarrels mais comme je n’y arrivais décidément pas et que je me démoralisais un peu, j’ai pioché dans ma « PAL de sécurité » du moment : les Franck Thilliez. Non sans un pincement au cœur à l’idée que cette pile diminue carrément, j’ai commencé le dernier tome de la série Le Syndrome E, GATACA et donc…Atomka. J’ai lu GATACA il y a deux semaines environ mais n’en ai pas encore fait une chronique ; j’attends pour cela d’avoir fini Atomka, comme ça je fais d’une pierre deux coups. Mais je peux vous dire tout de suite que j’ai adoré !

La réflexion du jour : Comment faites-vous en cas de PANNE DE LECTURE ??!

Grande question je sais bien. C’est un peu l’horreur, la déprim’, le creux de la vague de tout lecteur : quand on n’a pas envie de lire, ou bien pire, quand on ne trouve pas LE livre dont on a envie… Il m’est déjà arrivé d’entamer plusieurs livres les uns après les autres, sans trouver. Ça ne m’était pas arrivé depuis plusieurs mois mais là, avec Scarrels, j’ai failli tomber en plein dedans…
Heureusement que j’avais ce que je viens d’inventer, une « PAL de sécurité ». On devrait tous en avoir une. Peut-être en avez-vous une d’ailleurs ? Le concept, s’il y en a un, serait de dire que cette PAL est constituée uniquement de livres qu’on est sûr et certain d’aimer, de romans avec lesquels on passera avec certitude un bon moment. Et encore mieux : qui pourra nous sortir de la panne !
Le problème me concernant est que ma PAL sécurité change selon les périodes. L’année dernière c’étaient les Harry Potter en VO ; à une autre époque c’était la littérature de jeunesse ; et ces temps-ci c’est littérature de jeunesse ET Franck Thilliez ; et particulièrement les romans avec Hennebelle et Sharko. Et il ne m’en reste plus que … deux. Mais ouf, il me reste aussi le dytpique initial Train d’enfer et Deuils de Miel, qui mettent en scène Sharko. Double ouf. D’ailleurs Ludo, si tu passes par là, dis-moi quand tu pourras te le procurer pour notre LC !


Et vous, avez-vous une « PAL de sécurité » en cas de panne de lecture ? 

samedi 18 mars 2017

Des livres et moi, Matt7ieu Radenac

Des livres et moi, Matt7ieu Radenac
Editions Syros
Février 2017

Merci encore une fois aux éditions Syros pour l’envoi de ce court roman, que j’ai beaucoup aimé.
Il s’agit d’un échange de mails entre Alex et Filippe Cavreini, un auteur de romans pour la jeunesse en panne d’inspiration. On ne connaît pas grand-chose de l’identité d’Alex : on ne sait même pas s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille. La seule chose qu’on sache avec certitude c’est qu’il/elle est au collège, vit en banlieue et n’aime pas lire… Tout un programme ! Surtout que rien ou presque ne prédestinait ces personnages à se rencontrer.

Les échanges sont très intéressants, très riches et nous donnent à réfléchir. L’auteur parle un peu de son métier, le jeune de son ressenti quant à la lecture. Il est aussi question d’imagination, de création, bref, des tas de thèmes plus séduisants les uns que les autres ! Moi qui adore la méta-littérature, j’ai adoré. Il y a aussi de l’émotion, puisque Alex se confie sur sa vie pas toujours facile. Un mélange réussi, même si le roman est un peu court.

Que les mots remplacent les maux, qu'un livre (même des livres) délivre(nt), pour moi le réveil fut magique, des livres et moi. 

Un très joli livre donc, facile à lire mais en même temps très riche, qui ravira les profs de Français mais aussi les collégiens, et pourquoi pas tout amateur de lecture.

dimanche 12 mars 2017

Nouveau rendez-vous : c'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous le plaid ?

Bonjour chers tous !
Je reviens enfin en forme pour vous faire un nouvel article ! Ces derniers temps j’ai beaucoup lu mais n’avais pas tellement le courage de faire autre chose… donc le blog a un peu été délaissé, c’était un peu monotone par ici. Tout à coup j’ai donc eu une idée : créer une espèce de rendez-vous à la « c’est lundi que lisez-vous », mais le dimanche. Comme c’est le dimanche que je poste le plus, ça m’a semblé être une idée par trop farfelue. Vous me direz ce que vous en pensez…

Dans ce nouveau rendez-vous je vais vous proposer plusieurs petits paragraphes, qui seront principalement des bilans de lecture, mais peut-être aussi d’autres petites choses dont je n’ai pas forcément l’occasion de parler ailleurs J.

Ma lecture du moment : 

En ce moment je lis, et sans doute pour quelques jours encore (il est épais quand même !) Le livre des Baltimore de Joël Dicker. Je suis tombée dessus par hasard en librairie, en format poche (ce que j’attends à chaque fois !) et je me suis dit que ça pouvait être une bonne idée. J’en suis à pratiquement 200 pages et je suis plutôt emballée ! J’aime bien quand le narrateur est un écrivain, et je crois que c’est ce qui fait que ce roman me plait vraiment. Parce que sinon je trouve qu’il y a quelques longueurs.

Qu’est-ce que j’ai lu depuis dimanche dernier ?
J’ai pas mal lu cette semaine, à savoir deux romans pour ados :



Celui qui sera mon homard de Tom Ellen et Lucy Ivison. C’est un roman jeunesse super sympa. Il raconte l’histoire d’Hannah et Sam, deux jeunes gens qui font chacun partie d’un groupe (de filles pour elle, de garçons pour l’autre) et dont la principale occupation, à la fin des années de lycée, est de savoir qui deviendra leur homard. Qu’est-ce qu’un homard, allez-vous me dire ? Et bien les homards sont une espèce qui, en amour, est très fidèle. Là il s’agit surtout de chercher le premier garçon avec lequel elle perdront leur virginité. Tout un programme ! Mais s’ils sont entourés d’ados un peu délurés, Hannah et Sam sont très doux et touchants. J’ai adoré ces personnages, à travers lesquels l’histoire est racontée en alternance. Un roman ado comme on les aime, plutôt cash mais finalement très sage et charmant.
L’autre roman que j’ai lu est un service-presse pour Syros, La Maison des reflets. J’ai écrit une chronique hier à son sujet.

Une chronique en retard …

Et oui, parfois je ne sais pas où caser certaines chroniques, préférant réserver les articles individuels aux service-presse ; sinon j’aime bien regrouper les critiques. La chronique en retard du jour sera celle du Silence de Mélodie de Sharon M. Draper

J’avais découvert ce roman chez Audrey du Souffle des Mots, et je m’étais dit qu’il serait sympa à acquérir pour le lycée. Mais en le déballant avec ma collègue, nous avons découvert qu’il avait reçu un prix… du Journal de Mickey… Nous avons été un peu décontenancées. Par conséquent ce roman est resté longtemps dans les étagères, sans que personne n’y touche. Et puis finalement, pour les vacances, j’ai décidé de me lancer. Autant vous dire que j’ai bien fait ; ce roman est une petite perle.

Mélodie a onze ans et n’a jamais parlé. Elle est née avec de grosses déficiences physiques, qui l’empêchent de faire fonctionner certaines aires de son cerveau. Depuis toute petite elle se déplace en fauteuil roulant, ne communique que par petits signes de tête et ne peut se nourrir seule. Elle est scolarisée dans une unité spécialisée, où l’émulation intellectuelle est bien pauvre. Pour elle qui passe son temps sur les chaînes culturelles et scientifiques du câble, réviser l’alphabet la rend dingue. Heureusement ses parents sont adorables, s’occupent d’elles aussi bien qu’ils le peuvent et toujours dans la bonne humeur. Une petite existence tranquille, un peu trop sans doute. La vie de Mélodie va changer le jour où elle va se qualifier pour le Quiz inter-scolaire, qui oppose chaque année les écoles de la région.
J’ai beaucoup aimé cette lecture. Le ton n’est pas niais (même si c’est raconté par une enfant de onze ans), les thèmes abordés sont très intéressants, et Mélodie est loin de s’apitoyer sur son sort. Elle dépasse son handicap avec courage, en apprenant à communiquer, en montrant qu’elle est d’une grande intelligence malgré ses manques physiques. C’est une belle leçon pour les ados et les adultes qui côtoient des jeunes avec un handicap. En plus j’ai adoré les parents : ils sont géniaux ! Loin du dolorisme, et pourtant lucides sur la situation de leur fille, ce qu’elle peut ou ne peut pas faire. Ils donnent une belle leçon d’éducation en tout cas.
Concernant l’intrigue, elle semble à première vue très bateau avec ce concours auquel Mélodie va participer, mais la fin du roman est très éloignée de l’angélisme qu’on peut attendre. En bref, ce roman met à bas les préjugés, tous autant qu’ils sont : oui, il a été élu par le Journal de Mickey. Et alors ? Tant mieux, c’est une bonne leçon pour les jeunes. Oui l’histoire est un peu plan plan sur une bonne moitié du roman : mais avancez, vous verrez, le message est très fort et l’histoire bouleversante. Et enfin il permet de découvrir une facette inconnue du handicap, puisqu’on évolue dans l’esprit d’une jeune fille toujours silencieuse. Une très jolie lecture, que je recommande aux ados comme aux adultes. Une belle leçon de tolérance.

NB : je viens de me rendre compte que la couverture de mon édition est nouvelle ; en fait j’avais déjà vu ce roman avant, avec la couverture représentant une jeune fille avec un collier composé de mots de couleur. Je trouve que cette ancienne couverture rendait le livre moins enfantin, plus proche de ce qu’il est véritablement.

La petite réflexion du jour : d’où viennent vos livres ?

Aujourd’hui je voulais vous parler des achats de livres. Ces derniers temps j’ai été très heureuse de constater que j’ai peu beaucoup lire (en tout cas pour moi presque une dizaine de livres par mois, c’est vraiment beaucoup !) sans dépenser trop de sous. En effet j’ai reçu plusieurs service-presse, j’ai emprunté quelques romans au CDI et ma maman m’en a prêté un certain nombre aussi. Du coup, sur la 20taine de romans que j’ai lus depuis Noël, je n’en ai acheté que 3 : Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan, Le cas Malaussène en grand format (mais avec des chèques livres, ça ne compte presque pas :p) et enfin le tome 4 de Charlotte Lavigne. Je suis assez contente de moi !

Et vous, d’où viennent vos livres ? Comment gérez-vous votre « consommation » ?

samedi 11 mars 2017

La Maison des reflets, Camille Brissot, éditions Syros

La maison des reflets, Camille Brissot
Editions Syros
Paru le 2 février 2017

Qui accepterait de laisser partir un être cher s’il pouvait le garder à ses côtés pour toujours ?

Depuis 2022, les Maisons de départ ressuscitent les morts grâce à des reflets qui reproduisent à la perfection le physique, le caractère et le petit je ne sais quoi qui appartient à chacun. Les visiteurs affluent dans les salons et le parc du manoir Edelweiss, la plus célèbre des Maisons de départ, pour passer du temps avec ceux qu’ils aimaient. Daniel a grandi entre ces murs, ses meilleurs amis sont des reflets. Jusqu’à ce qu’il rencontre Violette, une fille imprévisible et lumineuse. Et surtout, bien vivante…

J’ai beaucoup aimé le thème de cette histoire. Le nouveau rapport à la mort qu’il propose est extrêmement intéressant, poétique et un peu effrayant... Chaque jour des dizaines de personnes viennent rendre visite aux reflets de leurs défunts, qu’ils ne peuvent ni toucher ni embrasser. Mais grâce à des lentilles 3d, ils peuvent les entendre, les voir et presque les sentir. Daniel vit dans cet univers depuis toujours. Chaque soir le reflet de sa mère lui raconte des histoires avant de dormir ; son grand-père lui donne encore des conseils, alors que son reflet règne en maître sur le manoir des Edelweiss. Ses amis sont un jeune reflet de huit ans, et deux jeunes gens de 20 ans. Sachant qu’un reflet ne vieillit pas, certaines relations se complexifient à mesure qu’il grandit. Pas évident d’évoluer au milieu de silhouettes quasi fantomatiques, où seuls son père et sa gouvernante sont réels. Mais un jour, il ose sortir de la Maison. Il se rend alors à la fête foraine et y rencontre Violette, une jeune fille malade. Il passe une journée exceptionnelle avec elle, puis c’est une relation épistolaire qui se met en place. Cette partie du roman m’a parue un peu plus longue. Mais tout ce qui concernait la Maison, les reflets et le rapport nouveau aux défunts m’a beaucoup plu. La fin est également très bien pensée. J’ai beaucoup aimé que Daniel se rende compte des limites d’une telle chimère. C’est une jolie quête initiatique qui nous est proposée : adolescent, Daniel tombe amoureux en même temps que tombe le rideau de ses illusions. Il doit également faire face à de nombreux deuils, car même les reflets peuvent disparaître. Tout cela est extrêmement formateur pour de jeunes lecteurs. Un roman vraiment intelligent.


Merci encore une fois aux éditions Syros pour cette jolie lecture, assez inattendue et qui donne à réfléchir. L’écriture est également très agréable et plutôt poétique. Les courts chapitres permettent d’avancer vite dans l’intrigue.
J’ai été surprise en découvrant que l’auteur a presque mon âge. Elle en est déjà à son huitième roman, et c’est très réussi. Elle questionne avec beaucoup de douceur la question du deuil, ses rapports possibles avec la technologie, et ce qui pourrait nous attendre dans le futur. Elle explique avoir pensé au « cimetière Facebook » ; en effet les profils des personnes décédées sont encore disponibles et on peut encore y poster des messages. D’après elle, l’avènement de tels reflets n’est pas si loin de nous…

dimanche 5 mars 2017

Un nouveau thriller ado va sortir !

Stabbat Murder, Sylvie Allouche
Editions Syros
Littérature Jeunesse Romans
Sortie le 9 mars 2017

J’ai reçu ce roman en épreuves non corrigées de la part du service communication de Syros, et surtout grâce à Ludo, auquel on avait proposé cette lecture et qui a pensé que je l’apprécierais plus que lui. Il a eu bien raison. J’ai vraiment aimé ce thriller pour ados, qui n’a finalement rien à envier aux thrillers pour adultes. Merci donc à ceux qui m’ont permis de l’avoir entre les mains J

Valentin, Matthis, Mia et Sacha étudient le piano au Conservatoire national supérieur de musique depuis trois ans. Trois années de perfectionnisme et d’acharnement entièrement tournées vers un concours qui déterminera leur avenir. Ils sont inséparables, se comprennent mieux que personne, mais ils sont aussi en compétition et n’ont rien d’adolescents normaux. Lorsque, du jour au lendemain, Valentin, Matthis, Mia et Sacha sont tous les quatre portés disparus, La commissaire, Clara Di Lazio s’interesse de plus près à leurs familles…

Quatre jeunes pianistes, en train de préparer un important concours, disparaissent, séquestrés dans un cube. Qui les détient ainsi ? Qui est le bourreau qui veut saboter leur carrière ? C’est ce que l’on va tenter de découvrir tout au long de ce roman qui se lit tout seul. Un vrai page-turner comme on les aime.
J’ai adoré cette lecture. Je me suis prise au jeu de l’enquête, et ai surtout aimé entrer dans la tête de ces personnages, qui sont en plus des pianistes. On découvre leur vie, les uns après les autres, puis le calvaire qu’ils endurent (et ça n’est pas trop trash, tant mieux !). Chaque chapitre est dévolu à un personnage ou à l’enquête. J’ai aimé cette construction en puzzle, qui permet de découvrir les évènements et les personnages au fur et à mesure, par petites touches (sans jeu de mots ^^^). L’univers du conservatoire de musique a contribué au quasi coup de cœur que j’ai eu pour ce roman. La seule chose que je pourrais reprocher est qu’il soit trop court ! J’aurais aimé en avoir plus, même si l’intrigue est tout à fait bien ficelée.

Il y a tout dans ce thriller : une réflexion sur l’adolescence, ses passions, l’amour, la haine, les parents. Et puis une chouette enquête policière. Un roman pour ados très réussi, que je suis ravie d’avoir pu lire en avant-première, et que je vous conseille fortement ! 

dimanche 26 février 2017

Update lecture février

Update lecture de Février : un mois bien rempli !

Bonjour bonjour !

Je vous retrouve, une fois n’est pas coutume, pour un update lecture. J’ai beaucoup lu ce mois-ci (et même, le mois n'est pas fini !), pas moins de 9 livres, et je me suis dit que le plus simple pour moi serait de vous en parler dans un seul article. Ces temps-ci je lis beaucoup, et prends moins de temps pour le blog. Et en plus de lire beaucoup, je ne fais que de bonnes lectures ! Il semblerait que j’aie la chance livresque en 2017 ^^.

En ce mois de Février, j’ai donc lu plusieurs livres, dont cinq appartenant à deux « séries ». Pourquoi « séries » entre guillemets ? Parce que je ne sais pas vraiment si on peut faire figurer des polars d’un même auteur dans la catégorie série. Bref, je vais vous expliquer tout ça !

Ce mois-ci a commencé avec une LC avec Emma, dont j’ai fait une chronique. Le roman d’Irène Frain nous a beaucoup plus ; moins pour ma part que Beauvoir in Love, mais l’histoire d’amour de Marie Curie était elle aussi très bien racontée.

J’ai ensuite enchaînée sur un début de saga dont j’entendais parler depuis très longtemps : La Quête d’Ewilan de Pierre Botero. Je crois que la première à m’avoir mis la puce à l’oreille n’est autre que ma chère Margaud. J’ai commencé le premier tome, et ai tout de suite été plongée dans l’univers de l’auteur. Camille est une jeune fille très intelligente, qui ne se sent pas à sa place dans le monde dans lequel elle évolue. Or à l’âge de 13 ans, elle va découvrir qu’elle n’est pas comme les autres : grâce à un pas sur le côté qu’elle est l’une des seules à pouvoir faire, elle se retrouve dans un univers parallèle, Gwendalavir. Ce monde magique est aussi fascinant que dangereux. Accompagnée de son ami de toujours, Salim, la jeune fille fait face à aventures plus dangereuses et étranges les unes que les autres. Et surtout, elle découvre son don : l’art du dessin, autrement dit le pouvoir de faire apparaître des objets rien qu’en y pensant.
Dans le premier tome, la moitié du roman se passe dans notre monde, et l’autre en Gwendalavir. C’est là que Camille, alias Ewilan, va découvrir qui étaient ses vrais parents, et quelle destinée ils lui ont laissée. Elle fait également la connaissance d’Edwin et Bjorn, des soldats hors du commun qui l’aideront dans son combat contre les Ts’liches. Dans le tome 2, elle chemine avec eux dans les contrées de Gwendalavir.
Je ne saurais vous expliquer la teneur de la quête de Camille, je ne comprends jamais vraiment tout à ce genre d’histoire. Quoi qu’il en soit, j’ai adoré ces deux premiers tomes. Dans le premier j’ai aimé l’alternance entre les deux mondes, et dans le second, l’ambiance communauté à la Seigneur des Anneaux. Les personnages sont également très attachants, surtout Ewilan et Salim, dont la destinée est inattendue. Autant vous dire que j’ai hâte de lire le tome 3, et que ça ne saurait tarder. En plus les romans font moins de 300 pages, ce qui permet une lecture rapide. Ajoutez enfin à cela un style très fluide, assez peu enfantin finalement, et je frôle le coup de cœur !

  

La seconde « série » que j’ai entamée est tout à fait différente. Il s’agit des polars de Franck Thilliez, et plus particulièrement ceux qui concernent Lucie Hennebelle. C’est pour ça que je pense pouvoir parler de série.
J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce personnage, que j’ai découvert avec La Chambre des Morts. Cette jeune officier de police, devenue lieutenant suite à la résolution d’une affaire particulièrement glauque (la chambre des Morts justement) m’a beaucoup intriguée. Maman de deux jumelles, elle concilie non sans mal sa vie trépidante d’enquêtrice, sa vie de maman, et la gestion de ses angoisses profondes. Cette jeune femme énigmatique renferme en effet un secret, qui nous est dévoilé peu à peu dans La Chambre des Morts puis dans La Mémoire Fantôme, que je me suis empressée de lire pour en savoir plus sur elle. Je ne suis pas une  grande fan de thrillers, mais là, avec l’enquête parallèle que l’auteur nous permet en quelque sorte de mener sur son personnage, j’ai été captivée. Et puis il ne faut pas nier que Franck Thilliez a une plume assez addictive. J’ai lu La Chambre des Morts relativement vite, mais j’ai dévoré La Mémoire Fantôme. Ce tome est moins glauque, et en plus de dévoiler beaucoup de choses sur Hennebelle, le roman est centré sur une jeune femme amnésique particulièrement fascinante elle aussi. Forte de ces deux bonnes expériences de lecture –même si je dois avouer que La Chambre des Morts était quand même assez peu ragoûtant… - j’ai enchaîné sur le roman suivant dans lequel l’auteur met en scène la jeune lieutenant : Le Syndrôme [E]. Et dans ce roman, attention ! Hennebelle rencontre le premier personnage de Franck Thilliez : le fameux Franck Sharko ! Héros des deux premiers romans de l’auteur (que je lirai sûrement bientôt !) ce personnage aux consonances sans équivoque (Franck et Shark… quand même !) est lui aussi carrément fascinant voire flippant. Il est devenu Skyzophrène, entend des voix, et végète dans une profonde tristesse. J’ai d’ailleurs hâte de pouvoir lire Train d’enfer pour Ange Rouge et Deuils de Miel pour comprendre ce qui a pu lui arriver, même si on en a une bonne idée dans ce roman. Il est lui aussi fasciné par le mal, les fous, et là ils sont tombés sur un bon : l’association d’un cinéaste pervers et d’un médecin dingue. Tout commence avec un film qui rend aveugle ; rien que ça, ça donne le ton. Je ne saurais vous expliquer ce qu’il se passe tant l’enquête est complexe ; je ne sais même pas comment je m’y retrouve. Mais en tout cas, tout ce qu’on découvre sur Sharko est fascinant. Hennebelle est plus discrète, mais la rencontre entre les deux personnages est chouette. J’ai adoré ce roman, et je commencerai bientôt la suite, à savoir Gataca.
Je ne pensais pas me prendre autant de passion pour des personnages. Mais finalement, si j’y réfléchis, j’avais adoré la série Dexter ; or ces personnages là sont tourmentés, un peu comme lui. Même si ce ne sont pas des serials killers. Bref, je dois avoir un truc avec les tarés, mais en tout cas je prends un grand plaisir à lire ces romans. Je peux même parler de coup de cœur tellement j’adore les deux personnages. Je n’avais pas ressenti ça depuis très longtemps d’ailleurs, pas depuis Dexter je crois. Donc je suis ravie, d’autant qu’il m’en reste encore un certain nombre à lire J.


BILAN
Si on compte bien, j’en suis à 6 romans. Il en reste donc 3. Le premier est Le silence de Mélodie, dont je vous ferez une chronique sous peu. Le suivant est un service presse dont je vous parlerai début mars, lors de sa sortie. Merci encore à Ludo ! Grâce à lui, j’ai reçu mes premières épreuves non corrigées et surtout j’ai passé un super moment de lecture ! D’ailleurs c’est ce livre qui m’a donné envie d’ouvrir La Chambre des Morts, que j’avais dans ma PAL depuis une éternité. Et quelle découverte !

Le dernier roman dont je vais vous parler, avec lequel j’ai fini le mois, est Théa pour l’éternité. J'ai lu ce roman rapidement, et en diagonale, pour tout vous avouer. Contente de la lecture de #Bleue de la même auteure, j'étais certaine d'aimer ce roman. Et finalement, ce ne fut pas l'engouement espéré. J'ai eu du mal avec le style, et le début est très mou et bourré de clichés. En revanche, le thème traité à partir du premier quart du roman est très intéressant : la quête de l'immortalité. En effet; alors qu'elle vient d'avoir 16 ans, on propose à Théa de devenir le cobaye d'une expérience inédite : se faire injecter des nano-technologies empêchant le vieillissement ! Une belle idée, plutôt bien traité (ça m'a rappelée la lecture de Power Club), mais les à-côté, qui selon moi sont des artifices pour faire plus "jeunesse" sont assez bâclés, comme la relation amoureuse entre Théa et Théo, son ami d'enfance, ou encore ses relations avec les garçons. Mais tout ce qui concerne ses parents est plutôt convaincant. Une impression mitigée donc, mais une lecture que je conseille puisqu'elle fait réfléchir. 


samedi 18 février 2017

Pennac, Frain et Emma

Bonjour chers lecteurs !
Je reviens vers vous pour vous parler de deux lectures. J'aurais voulu ne poster que l'article concernant la Lecture Commune (vous savez avec qui !) mais je lis plus que je ne prends le temps de poster, donc je joints un autre roman à la chronique. J'espère que vous me pardonnerez cet éclectisme, calculé ceci étant :p

Marie Curie prend un amant, Irène Frain
Avec Emma, nous avons découvert par hasard que nous avions toutes les deux ce roman chez nous. Alors on s’est dit qu’on allait enfin faire une lecture commune ! Depuis le temps qu’on se connait, il était temps J
Et le livre était parfait, avant même de l’avoir lu. En effet, on avait toutes les deux adoré Beauvoir in Love de la même auteure, alors ça ne pouvait qu’être pas mal. Nous nous sommes donc lancées dès que nous avons toutes les deux été disponibles. Pour parfaire l’expérience, on a décidé de communiquer par texto puisque, je l’avoue, je ne vérifie pas toujours mes mails, par flemme d’attendre que l’ordinateur s’allume (je suis une impatiente, je sais… j’essaie de me soigner, surtout pour la musique … les silences et les blanches ne sont pas mes amis !). Bref, on s’est envoyé des textos pendant la lecture et c’était chouette !

Parlons un peu du roman maintenant. Comme le titre l’indique, il va s’agir de Marie Curie, l’éminente scientifique. L’auteur nous fait découvrir sa vie avec Pierre, ses recherches sur le radium, son acharnement au travail. Mais ce sur quoi elle va surtout insister, c’est sur le tournant de son existence après la mort accidentelle de Pierre, l’amour de sa vie. Après ça, elle va continuer ses recherches, obtenir un second prix Nobel et surtout, prendre un amant. Le choix du verbe dans le titre est étonnant d’ailleurs. Elle aurait pu écrire « a un amant », mais non ; elle « prend ». Et je trouve finalement que c’est assez représentatif du tempérament de la dame : une battante, qui ne se laisse pas dicter sa vie. Elle est le maître de son destin. Non pas qu’elle lui soit douce et facile cette vie ; elle doit lutter pendant cette période contre l’opinion, tous ces gens qui s’acharnent sur elle parce qu’elle est une femme, qu’elle obtient des titres réservés aux hommes et surtout, qu’elle est une veuve qui ne s’enlise pas dans le chagrin. Son adultère a défrayé la chronique ; on ne lui a pas pardonné cet égarement face aux « bonnes mœurs ». D’autant que Paul est un homme marié, avec des enfants, et plus jeune qu’elle. Et qu’il est un ancien élève de Pierre, même un ancien disciple.
Avec Emma on a beaucoup aimé découvrir l’enquête de l’auteur pour essayer de percer le mystère de l’engouement né autour de ce couple. Que recherchait Marie en Paul ? Un autre Pierre ? Un autre compagnon de recherche ? Une aventure pour pimenter la quarantaine ? Paul est un personnage étonnant d’ailleurs : battu par sa femme, il n’ose jamais la quitter, même pour sa passion avec Marie. Marie qui le « prend » presque littéralement, puisque lui est étonnamment passif dans cette histoire.
« Marie Curie prend un amant » aurait aussi pu être le titre d’un journal à scandale comme il en fleurissait à l’époque. ça sonne choc, ça heurte l’opinion, ça fait vendre. Etonnant donc tout ce tapage médiatique, qui est d’ailleurs ce qui a mené Irène Frain sur cette enquête. On a beaucoup aimé le ton employé par l’auteur, qui nous implique dans ses recherches. Ce que j’ai moins apprécié par moment, c’est l’aspect un peu catalogue de la succession des évènements de la vie de Marie ; mais c’était je pense un passage obligé, on ne pouvait cerner la femme sans cerner la science et les recherches.

J’ai passé de bons moments de lecture et surtout de très bons moments d’échanges avec Emma. A chaque fois c’est très riche, et je l’en remercie. Au plaisir d’en faire une prochaine ensemble J


Le cas Malaussène, tome 1, Daniel Pennac
« Ils m’ont menti »

Quand j’ai découvert par hasard en regardant la Grande Librairie que Pennac venait de sortir un nouveau roman, je me suis tout de suite dit que je le lirai. J’ai donc profité des chèques Livres qu’il me restait de Noël pour l’acquérir J et le lire, presque dans la foulée.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas la série des Malaussène (comment peut-on ne pas connaître ne serait-ce que la Fée Carabine ?!), je vous explique. Il s’agit d’une famille un peu étrange, dont l’aîné est Benjamin, bouc émissaire de son état. Il a plusieurs frères et sœurs, tous aux noms plus ou moins poétiques (Gervaise, Le Petit, C’est un Ange), un chien Julius, une femme Julie et des enfants (Monsieur Mallaussène, Verdun et d’autres). Ils vivaient à Belleville et ont vécu des aventures plus racambolesques les unes que les autres. Mais voilà maintenant Benjamin exilé à la campagne, dans le Vercors, et ses enfants partis aux quatre coins du monde. Il travaille toujours pour les éditions du Talion, avec la Reine Zabo, et produit des vévés : auteurs de Vérité Vraie. Dans tout ce mic-mac, voilà qu’apparaît le gérant de l’industrie LAVA (gestions des eaux usées), qui se fait enlever. Et c’est Verdun, juge de son état, qui est chargée de l’affaire.

Vous êtes un peu perdus ? Rien de plus normal. C’est tout le temps comme ça avec Pennac et Benjamin Malaussène. Et c’est ce qu’on aime : chercher le sens d’une expression, d’un nom, le lien d’un évènement avec le reste, ce qui lie les personnages, bref, on essaie de comprendre la logique souvent oulipienne de l’auteur. C’est ce que j’avais adoré ado, quand je lisais avec avidité les aventures de cette fratrie sans pareille : chercher le lien. Dans ce nouvel opus, mon avis est plus mitigé.

J’ai été heureuse de retrouver tous ces personnages dont je me suis surprise à ne pas avoir oublié les noms, à 10 ans d’écart. Pour nous aider, l’auteur nous laisse d’ailleurs un glossaire à la fin du livre. J’avais adoré Gervaise, Van Thian, Julius, Julie, C’est un Ange et les autres. Beaucoup de policiers aussi, dont je me souvenais des noms mais pas des fonctions. Mais disons-le, se référer au glossaire sans arrêt est un peu pénible. Heureusement que ça n’est pas nécessaire tout du long. Ensuite j’ai bien aimé les nouvelles aventures de la famille. Elles sont amusantes bien que tarabiscottées. La séquestration du chef d’entreprise est assez savoureuse, les recherches qui vont avec aussi. Et enfin j’ai adoré tout ce qui touchait à l’écrivain Alceste, détesté par sa famille pour avoir publié un livre racontant leur histoire aux éditions de la Reine Zabo. Pennac illustre avec ce cas, et avec beaucoup d’ironie, ce qu’est la biographie aujourd’hui, et la volonté de faire vrai. Le sous-titre du roman, « ils m’ont menti » est également celui du livre d’Alceste, qui accuse ses parents (qui se révèleront adoptifs) de lui avoir menti sur ses origines, en racontant à leurs enfants des tas d’histoires. Mais ce sous-titre a évidemment aussi un autre sens… !
Pennac c’est donc toujours un méta-texte, des romans qui parlent en creux de littérature et jouent avec elle, ce que j’adore. Mais j’ai moins accroché à l’histoire que je ne l’aurais cru. Je n’ai pas été embarquée avec Benjamin comme il y a dix ans. A quoi cela est-il du ? Je n’en sais rien, il faudrait que je relise les autres pour vous le dire ; ce que je ferai sans doute un jour. Ce roman a eu en effet ce beau mérite : me replonger dans un de mes meilleurs souvenirs de lecture !


samedi 11 février 2017

Derniers titres du défi Bablio et quasi coup de coeur

Cela fait longtemps que je ne vous en ai pas parlé, mais on continue bien le Défi Babelio avec les élèves. Il me restait deux ou trois romans à lire, et c'est chose faite (saif Aristote et Dante, que j'ai en VO dans ma bibliothèque depuis bientôt deux ans...  mais je ne m'y mets jamais, va savoir pourquoi !). Voilà les deux derniers que j'ai lus. 

Celle qui sentait venir l’orage, Yves Grevet

Ce roman a été une bonne surprise. Un des derniers qu’il me restait du Défi Babelio d’ailleurs, et que je tardais à commencer. Assez épais, d’un sujet qui ne me donnait pas tellement vie, il est longtemps resté dans ma PAL. Mais j’ia eu envie de l’en sortir, et j’ai eu bien raison. En à peine deux jours il était lu, et avec plaisir.

Frida est une jeune fille dont les parents ont été condamnés à mort. Suite à cette condamnation, elle est obligée de s’enfuir loin de chez elle pour éviter le lynchage populaire. Elle trouve refuge dans la maison d’un médecin un peu étrange, qui va alors lui faire subir une batterie de tests plus déroutants les uns que les autres…

Ce roman traite d’un sujet plutôt grave du 19ème siècle : la physiognomonie appliquée aux délinquants et meurtriers, et les projets eugénistes qui auraient pu en découler. Autrement dit, on découvre au fil du roman que le docteur en question participe à des recherches visant à déterminer la physionomie des meurtriers. Frida étant la fille de l’un d’eux, elle est le cobaye idéal.  Attention toutefois : on n’apprend cela qu’au fur et à mesure de l’intrigue. Ce qui est plaisant, c’est justement de découvrir les évènements à travers les yeux de Frida, qui ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive. Elle subit les tests de celui qui l’héberge sans rien dire au début, puis sa fougue se réveille et elle essaie d’échapper au danger. Heureusement que des amis de son défunt père sont là pour l’aider.

L’intrigue est vivace, bien que parfois longue à démarrer, et le personnage principal attachant. Ce n’est pas un roman inoubliable mais le sujet a le mérite d’être original et l’intrigue alléchante. Un peu rapide peut-être sur la fin, j’ai eu d’ailleurs le sentiment que l’auteur avait peut-être eu envie de faire deux tomes, et qu’il avait renoncé. 


Le royaume des cercueils suspendusFlorence Aubry

Dans tout ça, c’est le défi Babelio qui a été suspendu depuis quelques semaines. Mais c’est parce qu’on a presque tout lu avec ma collègue. Presque 40 livres quand même ! (on n’a pas insisté sur les mangas ^^). Revoilà toutefois un des derniers romans de la sélection, que je craignais de lire étant donné le titre et le résumé, mais finalement, j’ai passé de bonnes petites heures de lecture.
On nous raconte l’histoire de quatre adolescents, deux garçons et deux filles, qui vivent dans une tribu reculée, dans un univers qui n’est pas le nôtre mais qui pourrait se passer dans les tribus d’Afrique d’il y a quelques années. Il est question d’amour, de traditions, de peur, de mort, de vengeance. Le tout dans une atmosphère séculaire que j’ai adorée, pleine de rites, d’interdits et de traditions étranges (comme le fait que le mari n’a pas le droit de toucher le ventre de sa femme avant qu’elle n’ait eu son premier enfant, ou qu’un nouveau-né est laissé seul pendant trois jours dès sa naissance, pour prouver sa vitalité (ça m’a choquée d’ailleurs, puisque je pense que ce genre de rituel initiatique existe peut-être…)). J’ai aussi beaucoup aimé la poésie du texte, et les histoires d’amour. Histoires qui sont finalement celles de tous les adolescents, quelle que soit l’époque ou la civilisation.
Un très beau texte, qui peut étonner, voire effrayer au premier abord, mais qui vaut vraiment le coup d’œil. A la frontière du conte et du roman initiatique, il m’a ravie. Toutefois je vais devoir me creuser les méninges pour trouver une manière efficace de le présenter aux élèves, et surtout pour leur donner envie de le lire. ça n’est pas ce dont is ont l’habitude de lire, en tout cas pour le plaisir. Mais je vais vraiment essayer, d’autant qu’il frôle pour moi le coup de cœur. 

Et enfin je voulais vous parler d'une "série" si on peut dire, composée de deux romans : Nos âmes jumelles et Nos âmes rebelles. Ils ne faisaient pas partie du Défi de cette année mais ils restent dans la veine des romans jeunesse. 

Ames jumelles, âmes rebelles, Samantha Bailly

Je me suis enfin lancée dans cette lecture dont j’entendais parler depuis longtemps. Margaud et d’autres avaient bien fait la pub de cette auteur. Quand ils sont arrivés dans le colis du CDI (comme c’est chouette d’ouvrir des cartons !) je les ai aussitôt empruntés. En une journée chacun, ils étaient lus. Inutile de cacher que j’ai donc passé de très très agréables moments avec ces romans. Parfaits moments cocooning le week-end sous la couette. C’est ce que je retiendrai de ces lectures : l’impression de regarder une série bien sympa, bien au chaud chez soi.
Les âmes jumelles ce sont Lou et Sonie, deux jeunes filles que tout oppose sauf une chose : la créativité. L’une écrit, l’autre dessine. A travers un forum elles font connaissance et finissent par collaborer pour créer une bande-dessinée à leur image.
Ces deux romans sont très modernes. Le sujet des rencontres par Internet, la Japan Expo, les échanges par texto. L’auteur alterne les histoires des deux jeunes filles, mois après mois. Cette forme donne un dynamisme certain au roman, en s’attardant surtout sur les moments forts. Ce sont aussi des romans très girly, avec des histoires de garçons, plutôt réalistes et pas trop mièvres. Sonia est une tombeuse passionnée qui a du mal avec l’amour, le vrai ; Lou est une grande timide qui n’a jamais embrassé de garçon. Quand je vous disais que tout les oppose ! J’ai aussi beaucoup apprécié les histoires d’amour de Matthieu, le meilleur ami de Sonia, et l’amitié qui les lie. Tout est vraiment adorable dans ces romans, ça sonne juste et la relation entre Lou et Sonia est vraiment belle.
En tout cas, ce sont les livres parfait pour les lycéennes, d’autant qu’elles passent le Bac nos jeunes filles. Rien de tel pour s’identifier. L’écriture est simple, fluide, facile. Un vrai bonheur, sans prise de tête. Je comprends ceux qui évoquent le manque de profondeur de l’histoire, mais en même temps, c’est ce qui les rend si attachants. Je les conseille donc très très fortement à toutes les ados, et aux (jeunes) adultes pas encore sorties des souvenirs des émois de cet âge, ou du moins qui aiment s’y replonger.
J’hésite… est-ce un coup de cœur pour moi ? Je crois que oui, et que j’aurais adoré qu’ils existent quand j’avais l’âge des deux ados. 

dimanche 5 février 2017

TAG de A à Z

Depuis le temps... voilà enfin un petit TAG. Et pas n'importe lequel : celui que Accalia avait mis en ligne il y a déjà quelques mois, et pour lequel elle m'avait nommée. Il m'avait plu, alors je m'étais promis de le faire. Et le voilà, ENFIN ! 

A- Auteur dont tu as lu le plus de livres : Je pense que c’est Modiano. J’adore son style, et ses romans sont assez courts. Mais peut-être est-ce Paul Auster dont j’ai lu le plus de titres…

B- Best : la meilleure suite de série : J’ai adoré la série de Nathalie Roy, Charlotte Lavigne. Je les ai trouvés aussi bien les uns que les autres.

C- Current : lecture en cours : Ames rebelles, le deuxième tome de la saga que j’ai beaucoup aimée, et que je viendrai chroniquer prochainement. Et depuis, une lecture commune avec Emma de Vague Culturelle : Marie Curie prend un amant, d'Irène Frain. 

D- Drink : la boisson qui accompagne mes lectures : Je ne bois pas beaucoup en lisant, ni ne mange d’ailleurs (quelle horreur de trouver des traces de chocolat ou pire sur les pages !), mais si je devais en choisir une ça serait le thé vert, de préférence au citron.

E- E-Book : roman papier ou liseuse ? Roman papier. Je ne me fais définitivement pas à la lecture sur écran. ça viendra peut-être. Déjà, depuis peu, je me suis mis aux livres audio et en balade solitaire ou entre deux courses, c’est un bonheur.

F- Fictif : un personnage fictif avec lequel tu serais sortie au lycée : Ron Weasley. Je l’ai toujours trouvé adorable, et j’ai un petit côté Hermione. Sinon Lévi dans Fan Girl, celui qui sort avec Cath. (mettre le lien)

G- Glad : un roman auquel je suis contente d’avoir donné une chance : Récemment, j’ai eu une belle surprise avec Prête à tout de Joyce Maynard. Je ne savais pas à quoi m’attendre, et j’ai finalement été happée par le récit.

H- Hidden : un roman que tu considères comme un joyau caché : Je vais encore parler de la même série, mais c’est mon coup de cœur de ces dernières années : les Charlotte Lavigne. C’est vraiment une lecture savoureuse, bien que loin du grand style littéraire ; mais le parler québécois est une expérience à ne pas manquer !

I- Important : un moment important dans ma vie de lectrice : le début des partenariats. C’est en ce moment que ça se passe surtout. Depuis Novembre dernier je me suis décidée, après m’être rendue compte que j’adore la littérature de jeunesse. J’ai envoyé des mails, attendu, et finalement j’ai reçu des réponses positives ! Je suis maintenant partenaire Hélium (lien), et Syros, maison pour laquelle je viens juste de faire ma première chronique.

J- Just : le roman que je viens juste de finir : Justement Power Club, l’apprentissage, aux éditions Syros. Un beau pavé et de bons moments de lecture. Et quel plaisir d’attendre un paquet !

K- Kind : le genre de roman que je ne lirai jamais : sûrement la science-fiction. Je n’y arrive vraiment pas.

L- Long : le roman le plus long que j’aie jamais lu : la saga du Seigneur des Anneaux, quand j’étais plus jeune… Je prenais des notes pour ne pas me perdre dans ma lecture !

M- Major : le roman qui m’a fait un tel effet que je ne pouvais plus rien lire après : Sans hésiter FanGirl de Rainbow Rowell. Ce livre représente pour moi des souvenirs géniaux.

N- Nombre : le nombre de bibliothèques que je possède : assez peu en fait. J’en ai une surtout. Mais dans notre nouvelle maison, peut-être bientôt davantage ;)

O- One : un roman que tu as lu plusieurs fois : Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan, que je viens de relire justement

P- Préféré : mon endroit préféré pour lire : dans l’ordre mon lit, mon canapé et mon fauteuil de lecture. Avec toujours un plaid et un coussin sous le livre.
Q- Quote : une citation d’un livre qui me fait ressentir plein d’émotions : "Il n'y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré." C'est une citation de Proust dans Sur la lecture, que j'adore plus que tout et qui me parle plus que tout. 

R- Regret : un regret de lecteur : ne plus réussir autant qu’avant à prendre du plaisir à lire des classiques, surtout sur la durée. Mais au moins, je me suis ouverte à la littérature de jeunesse !

S- Série : une série jamais finie : Il y en a beaucoup… Il faut vraiment que j’accroche pour continuer. Mais celle qui me vient à l’esprit, et que j’aurais envie de continuer, c’est L’Assassin Royal.

T- Trois : trois de mes livres préférés de tous les temps : Pour moi, un livre préféré de tous les temps c'est un livre qu'on pourrait lire et relire sans se lasser, et surtout dont la relecture nous plongerait dans un état de bien-être inégalé. Un livre aussi qui nous rappelle de bons moments de notre vie. Alors je dirais Combray, premier tome d'A la Recherche du Temps Perdu de Marcel Proust, Dix Petits Nègres d'Agatha Christie (que je devrais relire d'ailleurs) et peut-être bien Beauvoir in Love d'Irène Frain, que j'avais vraiment aimé. Et puis évidemment les Harry Potter, ça c'est le bonheur assuré. Et oui, ça fait 4 je sais, mais j'ai toujours du mal à me décider ^^. 

U- Unapologetic : non, je n’ai pas honte d’être fan de… romans et romances pour ado. J’adore, ça me détend plus qu’un film.

V- Very : un roman dont j’attends la sortie avec impatience. Prise sur le vif, je dirais la suite des aventures d’Anna du Power Club. Mais sinon, j’attends avec impatience mes futurs partenariats !

W- Worst : ma pire habitude livresque : j’abandonne sans scrupule des livres qui ne m’accrochent pas, au risque de passer à côté d’une pépite. Mais d’un autre côté, ça me permet de gagner du temps en en découvrant d’autres.

X- Projet X : je ne peux pas trop le faire, mes livres sont encore en cartons pour beaucoup...

Y- Your : Mon dernier livre acheté : le dernier Pennac J

Z- ZzZZz : le livre qui me l’a volé, mon sommeil ! Dernièrement ce sont les aventures de Sonia et Lou que je n’avais pas envie de lâcher, dans Ames Jumelles, Ames Rebelles.

dimanche 29 janvier 2017

Power Club, l'apprentissage

Power Club, L’apprentissage (tome 1) Alain Gagnol
Paru le 5 janvier 2017

En 2038, devenir un super-héros est un privilège de riches. Privilège que connaît Anna, l’héroïne de la série, et surtout la super-héroïne vedette du Power-Club. Pour ses 17 ans, ses parents lui offre un bon d’adhésion au club sélect des super-héros. Une exclusivité qui est pour elle un cadeau aussi grandiose que stupéfiant. Elle va devenir membre de l’équipe la plus en vue des Etats-Unis et du monde – qui ne connait pas Bobby Mulligan, Jason Baker ou encore Kristen Monroe, les super-héros idoles de tous ?- et pourtant, ses futurs acolytes lui tapent déjà sur les nerfs. Toute cette médiatisation, très peu pour elle. Mais elle n’a pas le choix si elle veut recevoir les boosters qui lui permettront de voler et de sauver des vies avec sa force surhumaine. Anna se prête donc avec élan à l’expérience. Après quelques jours d’entraînement, elle maîtrise sa force et ses boosters, prête à aller sauver le monde…

Jusque-là, j’ai surtout eu le sentiment d’avoir affaire à un roman d’anticipation un peu ingénu sur les super-héros de demain. Mais en avançant dans le roman, on comprend que les choses ne sont pas si simples. Comme Alain Gagnon le précise dans une interview, il a voulu écrire cette histoire « comme un feuilleton », avec beaucoup de naïveté au début, des rebondissements à gogo ensuite et « une évolution constante du récit ». J’ai beaucoup apprécié ce mouvement. Le récit se transforme peu à peu en réflexion sur la société de consommation et des médias, là où il n’y avait qu’une simple histoire de jeune fille prête à sauver le monde (ce qui en soit n’eut pas été une mauvaise idée, mais pour un public plus jeune). Pourquoi une satyre sociale ? Parce que les jeunes gens du Power Club sont davantage des idoles modernes, des peoples ultra connectés, plutôt que de vrais héros. Ils passent plus de temps en soirée ou à se faire prendre en photos pour des campagnes de pubs qu’à aider la veuve et l’orphelin. Et ça, Anna n’en revient pas. Quand elle découvre l’envers du décor, elle ne peut s’empêcher d’être extrêmement déçue ; ce qui ne l’empêche pas de réagir, et de mettre ses vraies valeurs d’héroïne au service de ce qui est juste.

Une jolie métaphore de notre société ultra connectée, fascinée par le pouvoir (que ce soit celui de l’argent ou les super-pouvoirs, qui sont intimement liés ici), et hypnotisée par les images. Le Power Club c’est tout cela : une image qui ne tient pas toutes ses promesses, de la pub glamour et pourtant mensongère, et des jeunes gens corrompus malgré eux. Il est beaucoup question de contrats, d’argent, de droit et de devoirs dans ce roman. Je trouve que c’est un bon moyen de sensibiliser les jeunes, qui peuvent se laisser aisément avoir quand on leur jette de la jolie poudre pailletée dans les yeux. Le dessous des choses n’est pas souvent reluisant, mieux vaut lire les petites lignes des contrats pour savoir à quoi s’attendre.

Un autre point que j’ai énormément apprécié dans ce roman concerne Anna : non seulement elle est attachante et a une amie très amusante, mais elle est aussi très sensible et courageuse. J’ai particulièrement aimé la relation particulière qu’elle entretient avec les boosters, ces petites nano-biotechnologies, crées à partir de son ADN, et qui lui permettent de voler ou d’écraser un rocher d’une pression de la main. Ils lui parlent dans un langage « primaire mais très poétique », ressentent ses émotions, s’animent à la moindre sollicitation. Il me tarde de savoir ce qu’il va advenir d’eux dans la suite de la série !


Merci aux éditions Syros pour ce premier envoi. J’ai passé de très bons moments de lecture au cours de ces 500 pages, qu’on ne voit pas passer. La couverture du roman est elle aussi très chouette. Vivement la suite en Juin :).